Daniel est un jeune polonais de 20 ans purgeant une peine au sein d’un centre de détention pour la jeunesse. Se rapprochant du prêtre exerçant au sein du centre, il s’y découvre une vocation spirituelle. Libéré sur paroles et preuves de bonne foi avant la fin de sa peine, il ne peut cependant pas accéder à des études de séminariste à cause de son casier judiciaire. Sur le chemin d’une scierie où il est censé aller travailler après sa détention, il se retrouve à la suite d’un quiproquo présenté comme un jeune prêtre au sein d’un petit village. Débute alors le récit de cet usurpateur, non sans génie qui va peu à peu s’intégrer dans la communauté de ce petit village déchirée par un drame récent.
« La communion » est ainsi le récit d’une usurpation, inspirée de faits réels. La rédemption compliquée d’un jeune homme au sein d’une communauté fracturée, déchirée et échauffée par un tragique accident récent. Ce film met également en exergue les dangers de la vie en communauté restreinte, dont Daniel va venir briser les codes.
Ce film polonais de Jan Komasa est une petite pépite du cinéma indépendant. Candidat à l’Oscar du meilleur film étranger en 2019, ce film a surpris et séduit bien au delà de sa Pologne natale. Véritable thriller au sein d’un village hors du temps, isolé voire archaïque. « La communion » met en scène un personnage complexe, tiraillé entre deux mondes, entre deux volontés. Porteur d’un lourd passé mais prétendant se racheter, tout en étant constamment hors la loi. Ce personnage est brillamment interprété par Bartosz Bielenia, encore inconnu du grand public.
La photographie est également d’une pureté impressionnante, notamment les gros plans sur les expressions des personnages, « La communion » étant un thriller social cela fonctionne à merveille.