Tu es gentille, tu es sage, tu es importante.
La couleur des sentiments, le film adapté au cinéma en 2011 par Tate Taylor est d’abord un roman de Kathryn Stockett publié en 2009. Il raconte l’histoire d’une jeune fille voulant aider la cause des noirs à travers un livre constitué de plusieurs témoignages de femmes noires, malgré les risques que cela représentait.
Le film lui, pose bien le contexte : les décors, les vêtements et les coiffures, aucun doute nous sommes dans les années 60.
La film commence de façon « In medias res » sur une scène poignante et très importante du film, le début de la rédaction du livre. Cette scène est retrouvée à 00h43mins du film. Aussi étrange que cela puisse paraître dès la première minute du film on est donc directement plongé dans l’action et on ne décroche pas du film, je ne pensais pas que cela serait aussi directe. De façon globale on peut dire que le film parle de la condition de vie des noirs dans les années 60 notamment pendant la ségrégation avec comme toile de fond l’assassinat du président Kennedy. Ok, soit. Je pense tout de même qu’il est préférable de l’aborder différemment, alors que beaucoup disent que ce film dénonce des choses pour rien, étant donné qu’à ce jour plus beaucoup de personne pensent comme des les année 60, moi je dis : pourquoi toujours chercher à associer la « dénonciation » aux film traitant cette cause ? Pourquoi ne pas s’arrêté à la belle histoire que nous raconte ce dernier ? Faire un film tout simplement pour raconter une histoire qui, peut-être, fait également un petit clin d’œil engagé tout en nous sortant de nos habitudes « filmiques ». Ainsi, comme dis plus haut la première scène du film relate le début de la rédaction du livre que Skeeter souhaite écrire à l’aide des « bonnes noires », on peut y voir Aibileen raconter son histoire. Cette séquence émotion dès le début donne une véritable originalité au film. Beaucoup disent également que le film est trop caricatural, car il place les blancs du mauvais côté et les noirs de l’autre à l’exception de Sketter, c’est faux. Le Personnage de Celia ou encore celui de son mari, montre parfaitement qu’aucun amalgame n’est fait par celui-ci, sans oublier le personnage de la charmante Missus Walters.
Il est important de souligner la légèreté du film, sans cet aspect sur-lourd de révolte ou de dénonciation avec un engagement exacerbé, ici une histoire nous est racontée simplement avec des clins d’œil par ci par là. Le tout accompagné de merveilleuses musiques de Thomas Newman. Les 2h26, passent sans qu’on s’en aperçoivent et du début jusqu’à la fin ( en tout cas pour ma part) on se sent impliqué dans le film, ce qui m’a assez étonné et il n’y a vraiment aucune mauvaise note ( vraiment ça m’arrache la G***** de dire ça sur un film). C’est simple et efficace.
Concernant les acteurs je salue le réalisateur qui a pour le coup très très bien fait son casting. J’ai également pu découvrir de nouveaux acteurs géniaux que je ne connaissais pas. Parmi tous les personnages voici les 4 que je préfère et qui selon moi apporte une véritable touche intéressante au film.
Minny : Joué par Octavia SPENCER, cette merveilleuse femme au caractère bien trompé est très attachante. Son calvaire commence lorsqu’elle utilise les toilettes de la maison car dehors une tornade faisait rage. Je la trouve remarquable notamment par rapport à la formidable « amitié » qu’elle va entamer avec Celia sa deuxième patronne du film à qui elle va apprendre la cuisine mais aussi bon nombre de chose sur la vie. Il est important de savoir que Minny est battu par son mari.
Celia : Joué par Jessica CHASTAIN, ce personnage quelque peu niais et un tantinet déjanté est l’un des meilleurs du film. Elle est simple et spontanée à aucun moment elle traite Minny véritablement comme une « Bonne », elle vient même – de façon naturelle- manger avec Minny lors du déjeuné et je dois dire que cela est assez surprenant pour le spectateur et cela lui ( Célia ) semble si naturelle qu’on en reste tout simplement scotché. Elle semble être si gentille et aimable qu’on ne comprend pas le mépris que lui portent les autres.
Skeeter : Joué par Emma STONE, la grande défenseuse des bonnes noires. Elle représente la détermination. L’amour qu’elle portait à sa bonne Constantine la motive pour cette cause, elle n’hésite pas a s’associer aux femmes de couleur pour les aidés malgré les risques que cela représente.
Aibileen : Joué par Viola DAVIS, c’est de loin le personnage le plus émotionnel du film. Elle garde dans son cœur la mort de son fils. Elle aime réellement chaque enfant qu’elle garde notamment la petite Mae Mobley à qui elle répète « tu es gentille, tu es sage, tu es importante ». Cette amour est amplifié notamment quand Aibileen remarque que sa mère(de la petite) ne l’aime pas car elle est ronde et moche aux yeux de celle-ci.
En somme, La couleur des sentiments fait partie des drames les plus réussis que j’ai pu voir au même titre que « Le secret de Lily Owens ». Il est simple et efficace. Oui, l’intrigue reste assez simple mais ce n’est pas plus mal. Ca change de voir des films comme ça ou on se prend une claque légère.