Il fallait vraiment la vouloir et la mériter cette diffusion d'ancien film italien pour la voir à 1 h 30 du matin... Quel dommage !
Ce film est vraiment une surprise...
On dirait presque un conte de fées sur les rivalités et volontés de conquêtes territoriales à l'issue desquelles l'amour, l'amour toujours, triomphe !
J'ai bien aimé ce film parce qu'il est basé sur une forme de magie religieuse : cette couronne de fer » est une relique sainte dotée de pouvoirs surnaturels, et qui s'arrête là où la terreur existe... Ici, elle va s'enterrer toute seule avant que Selmondo, usurpateur et tyran, va tenter de la détruire, en vain... J'adore qu'on me fasse croire au père Noël...
Le tout sur fond de risque d'inceste entre frère et sœur qui tombent amoureux l'un de l'autre...
Etonnant film, sulfureux, surprenant de vie, d'action, inhabituel, au-milieu de tous ces cadavres dus aux luttes et rivalités, et tourné... en pleine seconde guerre mondiale...
Qui m'a rappelé l'époque où je dévorais "Blanche-Neige", "La belle au bois dormant", "Cendrillon", et autres contes et légendes où le bien triomphait toujours du mal ! Et que le méchant était puni..
Étonnant par son casting judicieux où éclate la beauté d'une sorcière qui est en réalité une fée au rouet et qui prêche avenir, bonheur et sagesse : Rina Morelli superbe de beauté.. Gino Cervi fait une composition superbe de Sedemondo, le méchant tyran usurpateur qui promet sa fille en mariage en récompense aux vainqueur de combats...
Destin tragique pour Luisa Ferida qui joue le rôle de la méchante Tundra que l'amour adoucit : elle sera fusillée avec son compagnon alors qu'elle est enceinte par la résistance italienne en 1945 ...
Étonnant car les décors sont tantôt franchement mauvais, tantôt somptueux !
On se demande aussi où et comment le réalisateur italien, Alessandro Blasetti (1900-1987) a trouvé des effectifs de figurants aussi nombreux pour représenter ces armées luttant les unes contre les autres... Gros budget ? Tous comme les effets spéciaux qui n'ont certes pas le réalisme que permet l'informatisation actuelle, mais qui créent quand même l'illusion...
Né dans une famille artistique, le réalisateur romain a signé une quarantaine d'oeuvres de 1917 à 1969 pour le cinéma avant de se tourner vers le petit écran... Sophia Loren lui doit son premier film tout comme Marcello Mastroianni... Curieux homme qui avait adhéré aux théories fascistes et admiré Mussolini jusqu'à abandonner cette croyance en 1936 quand le dictateur voulut évoluer du rôle de défenseur en conquérant... Comme il le dit, "à cette époque, je suis devenu afasciste"...
Il n'empêche que ce film constitue une fable moraliste sur les conquérants de territoire...
Très beau film méconnu !
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France 3 le 15.06.2024-