Cette comédie commence comme un film bavard par beaucoup d’intertitres. Heureusement que tout change dès que Buster Keaton entre en scène.
L’histoire est mince : Rollo, un jeune milliardaire, veut épouser Betsy sa voisine, mais elle ne veut pas. Par le plus grand des hasards, ils se retrouvent sur un bateau à la dérive et seuls.
Les gags reposent sur des effets visuels. Ainsi, la séquence de la course sur le bateau se termine quand, aspiré par une bouche d’aération, il tombe brutalement à côté de sa fiancée... qui ne veut toujours pas l’épouser.
La séquence dans la cuisine est trop longue et pas très drôle. La suivante non plus.
La séquence du portrait apparaissant et disparaissant dans le hublot et la suivante avec les fusées éclairantes sont réussies. Mais l’ensemble n’est pas très cohérent.
Le plan de ce couple qui n’en est pas un est touchant [34’06].
Leur vie vie commune s’organise. La nouvelle séquence dans la cuisine est drôle parce que, vue en parallèle avec la première, elle montre la mécanisation jusqu’à l’absurde des gestes quotidiens.
Patatras ! Au moment où je m’intéresse de nouveau au film, les scénaristes introduisent une obsession hollywoodienne de cette époque : les cannibales de la Nouvelle-Guinée [36’30]. Voir : The Pride of the Clan (1917) et The Idol Dancer (1920).
Buster Keaton s’improvise mécanicien dans une séquence que je trouve particulièrement ennuyeuse. J’attends de voir comment il va traiter les indigènes.
On a droit à la scène classique de sauvages qui enlèvent une femme blanche [44’54]. Que fait Buster Keaton dans cette galère ?
Il apparait avec son scaphandre comme un dieu sortant de la mer pour mettre en déroute ces odieux mais crédules Papous. Ces derniers tentent de prendre d’assaut le bateau. Le couple est miraculeusement sauvé par un sous-marin émergeant précisément au moment où ils allaient se noyer.
Vous avez deviné la fin ? Je déteste.
L’exubérante fraicheur de Kathryn McGuire contraste avec l’imperturbable impassibilité de Buster Keaton. Le duo est donc parfaitement réussi. Dommage que cette actrice ait abandonné le cinéma à l’apparition du parlant.
Comme je l’ai dit à Laughing Stock, je suis déprimé que Buster Keaton et Kathryn McGuire se soient compromis dans une aventure au service de la propagande coloniale.
La musique extradiégétique, ajoutée après coup, est exécrable sur la durée.
Lire :
- Dossier Propagande coloniale, Monde en Question.
- Dossier Buster KEATON, Monde en Question.