La Curée est le second roman du cycle des Rougon-Macquart d'Emile Zola et c'est un livre absolument magnifique. Il y décrit à la fois une histoire d'inceste, un jeune homme s'éprenant de la nouvelle femme de son père, et une histoire d'escroquerie immobilière à grande échelle, au moment où Haussmann s'apprête à détruire Paris pour le reconstruire, le père de l'histoire s'enrichit de manière honteuse en rachetant à bas prix des immeubles pour les revendre avec grosse culbute à la mairie de Paris qui souhaite les détruire, étant, par ses entregents, au courant du cadastre en amont. Pour finir de pourrir le personnage, disons qu'il a aussi détourné l'immense fortune de sa nouvelle femme pour l'investir à des fins personnelles. Roger Vadim adapte le roman au milieu des 60's et comme pour sa version des Liaisons Dangereuses, décide d'en transposer l'intrigue dans les 60's. Pourquoi pas après tout, c'était assez réussi dans sa version du Laclos, mais ce n'est malheureusement pas le cas ici. Vadim a en effet décidé de ne se concentrer que sur cette histoire d'inceste, prétexte pour montrer Jane Fonda sous toutes les coutures, et fait totalement abstraction de toute la partie politique, et immobilière du roman, lui ôtant une grande partie de son intérêt. Le rôle du père est pourtant confié à Piccoli, plus grand acteur du monde, mais il ne lui donne pas de rôle, il n'a rien à jouer et c'est tellement dommage de se priver de ça. Il ne reste donc qu'un grand délire pop sursaturé, hystérique, d'un couple illégitime, dans une histoire de fusion amoureuse interdite et destructrice, que je vois plutôt comme un délire onaniste perso de Vadim plutôt que comme une adaptation de ce grand roman de Zola. Dommage.