J'ai tendance à assimiler l'âge d'un film à un rythme. C'est un à priori qui perdure et ce malgré le bon nombre de 'vieux' films que j'ai pu voir et qui m'ont subjugué par le rythme rapide (et inversément, on produit toujours des films plus 'lents' aujourd'hui). La dame d'onze heure n'échappe donc pas à cette règle dont je ne parviens pas à me débarasser ; durant le film je n'ai pu m'empêcher de constater à quel point le montage est efficace.

Le scénario est typique du genre : il s'agit d'une enquête au bout de laquelle notre détective de héros trouve l'assassin. Ainsi, nous rebondissons de surprise en surprise avec des révélations parfois surprenantes. Il faut noter que, comme dans beaucoup de films de ce genre, le scénario laisse place à quelques points obscurs pour ne pas dire incohérents, mais, comme dans les autres films, le spectateur peut s'en accomoder puisque cela n'est pas complètement absurde. Encore que l'arme du crime peut prêter à sourire : peut être l'analyse clinique est elle réaliste, toujours est il que ce moyen de tuer paraît peu crédible dans un film. En revanche les dialogues sont très fins et très drôles (tout comme certaines situations surréalistes), ce qui est toujours plaisant dans un film (aujourd'hui c'est rare d'avoir à faire à un tel style au cinéma).

La mise en scène est très réussie. La photographie est assez jolie, intelligente et très dynamique. Le seul bémol concernant l'esthétique, ce sont ces plans de nuit un peu trop sous exposés, ce qui a pour conséquence qu'on ne voit pas bien ce qu'il se passe. Le début est certainement ce qu'il y a de plus intéressant visuellement, car l'enquête menée par SOS est beaucoup moins survoltée que les images de la première demi heure. Côté casting, tout ce petit monde m'a plu, et la donzelle est plutôt charmante. Concernant Meurisse, je l'ai découvert avec la trilogie du Monocle, j'étais donc ravi de le retrouver ici pour un rôle similaire (avec moins de cabotinage) ; j'ai tout de même été surpris de le découvrir jeune, beau, sérieux, arrogant (non arrogant, c'est toujours le cas dans le monocle).

Bref, la dame d'onze heure est un chouette polar qui divertit honorablement son public.
Fatpooper
7
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le 29 nov. 2012

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