"The story of temple Drake" – 1933 de Stephen Roberts adapte "Sanctuaire" de Faulkner – dans la limite du tolérable par la société de la fin du premier tiers du vingtième siècle. Le scandaleux étant moins dans ce qui est montré que dans ce qui est explicitement exprimé : une jeune croqueuse d'hommes qui se retrouve violée et prostituée.
"Temple Drake is just a fake
She wants to eat and have her cake"
De bons acteurs, une bonne direction, des effets mesurés d'autant plus efficaces – la main de Temple sur la porte tandis qu'elle se fait lutiner, la cigarette de Trigger dans l'obscurité de la chambre, le gros plan des yeux hypnotiques de Trigger, les cancans par dessus le chat noir, et quelques mouvements latéraux de caméra qui surprennent le regard.
Miriam Hopkins, qui surjoue parfois, reste convaincante dans l'ensemble à côté d'un Jack La Rue d'une inquiétante étrangeté dans sa partition impénétrable, même si le Popeye du roman est moins viril – et d'ailleurs impuissant – ce que le scénario, plutôt fidèle, ne reprend pas, faisant de ce Trigger/Popeye cinématographique davantage un maquereau violent qu'un névrosé pervers.
Rappelons que dans le roman Temple est violée par Popeye avec un épis de maïs, épis de maïs que le spectateur-lecteur de "Sanctuaire" ne manque pas de remarquer dans la grange où Temple a passé la nuit sous la garde de Tommy.
Film à voir et roman à lire.