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C'est tout armé de belles et neuves résolutions que je me suis engagé dans l'aventure "La demoiselle et le dragon", nouvelle production Netflix avec Millie Bobby Brown, en princesse et sorti donc à l'occasion de la journée de la femme. J'étais déjà passé à côté de l'univers merveilleux de Marvel, à cause sans doute de préjugés, old school, mais, bon sang, je ne suis pas si vieux et le temps était venu de m'accorder avec le cinéma de notre époque.

Dès le début, mon tout nouvel état d'esprit sera récompensé (oui il existe un dieu pour les persévérants !) : le film s'ouvre sur un disclaimer en voix off alertant les conformistes et ravissant les sceptiques : "Dans de nombreux récits, un valeureux chevalier sauve une demoiselle en détresse "this is not one of them". Chouette de l'originalité !

Puis viennent les images: ils sont treize (comme les chevaliers de l'apocalypse même si eux n'étaient que trois) juchés sur leurs nobles destriers battant la campagne à bride abattue, volant vers ce que l'on devine être un combat épique, la mise en scène est ample (non je n'ai pas dit stéréotypée...), la caméra les accompagne dans un paysage numérique un peu dégueulasse (mais c'est partout pareil hein !) . Soudain, se détache de l'horizon une ombre, une menace : un dragon, (pas très original, mais c'est toujours bien d'avoir des repères, non?). Les chevaliers courageux, le poursuivent et le traquent jusque dans son antre (ça ressemble beaucoup à la montagne solitaire et à Smaug, bel hommage donc !), et surprise anachronique : ils descendent dans la grotte en rappel (faciles les mecs), le chef de guerre utilise les gestes et les mots des militaires d'aujourd'hui, (belle proposition de cinéma ces incohérences temporelles assumées)

Accélérons un peu pour entrer dans le vif du sujet et découvrir notre demoiselle, Elodie, princesse d'un royaume désolé (...) débitant à la hache des cernes de bois (eh oui), bientôt dérangée dans son existence un peu morne, par la messagère de la reine d'un riche royaume voisin qui la demande en mariage pour son fils. Là le féminisme en prend un coup, puisque, si sa famille un peu avide accepte sans surprise, Elodie (Félicie?) aussi, elle qui voit d'un bon œil ce mariage arrangé permettant d'apporter quelques écus à sa famille et à sa contrée. Sous ses velléités bien-pensante, le métrage va questionner plus globalement la représentation de l'actrice "moins jeune" dans le cinéma. Robin Wright (en son temps "Princess Bride" très belle et surtout très jeune), parait ici en marâtre acariâtre, rôle désormais dévolu aux actrices ayant passé la quarantaine (Charlize Théron, Jennifer Connely, Glen Close...).

Petite déception, il faut l'avouer bien vite oubliée, lorsque l'on se retrouve au royaume d'Auréa, un mode évidemment élégant, délicat dont la simple évocation rend nostalgique, les membres les plus nobles de SC...

(Attention quelques spoilers possibles)

Le film quant à lui commence à patiner, ma patience s'amenuise, et il me tarde de voir ce que promettait la BA: mais qu'on la balance donc dans le ravin pour que le film commence enfin !

La scène attendue arrive enfin, mais sonne malheureusement le glas de nos espérances. Il reste encore une heure de film, et le pire est à venir: Elodie est donc prisonnière de l'antre du dragon: durant de longues minutes, elle va souffrir, gémir (beaucoup), ramper, déchirer ses vêtements (il faut bien monter un peu de chair généreuse) parler avec le dragon, tenter de trouver issue, échouer recommencer... Son jeu, ses expressions tout en grimaces exaspèrent, tout comme la bouillie numérique servie, mes bonnes intentions se sont évanouies depuis longtemps. Bref c'est un calvaire, tout juste un peu (mais très très peu) dissipé par une ou deux scènes un peu meilleures dont la scène finale, inattendue mais de mauvais goût, l'incendie d'un château qui ressemble fort au "Neuschwanstein" l'emblématique château de Disney.

C'est certain le monde d'Auréa est définitivement incompatible avec ces productions insipides et formatées

Yoshii
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le 9 mars 2024

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Yoshii

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