Un western qu'on aurait évité sur sa réputation dégradée parmi les critiques si on n'était attiré par l'affiche : Pierce Bosnan et Samuel Jackson.
Brosnan a belle allure en shérif âgé mais l'écriture de son rôle et les scènes d'action auxquelles il participe sont presque ridicules et parfaitement ennuyeuses.
Jackson fait un excellent recyclage de ses multiples rôles de malfrat inquiétant et bavard, faussement sage et philosophe, vrai coupeur de gorge rigolard, et emporte toutes les scènes où il apparaît.
Le jeune héros de l'histoire est un naïf sans charisme mais l'acteur Brandon Lessard joue bien son rôle, mieux écrit que la plupart des autres, et il participe à la seule très bonne scène d'action du film, originale, qui commence dans la chambre d'un bordel et se termine dans une auge à cochons en passant par la rue principale, et qui associe plusieurs méchants bien composés, lesquels y passent successivement.
Le scénario pourrait être écrit par l'I.A. : c'est un composite d'une trame faite de plusieurs types de western classique (vengeance, recherche d'un magot, réhabilitation de natives americans, combat contre le lynchage, etc.) avec des incises bizarres (les faux prêtres dont le leader est David Arquette) et des développements accessoires (la compassion équivoque pour les prostituées), pour revenir enfin à un schéma mainstream.
L'esthétique est un mélange de celle propre aux westerns de séries B des années 60 des productions A.C. Lyles, plate et froide (à la différence de celle des années 50, chatoyante, chaude et mouvementée) et du pire de la série Deadwood des années 2000, pour les échanges verbeux dans le marron obscur du saloon de la ville.
A la fin, oui, on aurait pu éviter de le voir, mais quand même, si on a un peu de temps pour Pierce Bosnan et Samuel Jackson...