- L'Inspecteur Harry et la dernière cible (The Dead Pool), sorti en 1988, marque, à mon grand regret, la cinquième et dernière aventure de notre célèbre "Dirty Harry". En tant que fan de la saga, je dois admettre que ce dernier opus, avec Clint Eastwood, alors âgé de 58 ans, reprend le rôle avec un certain essoufflement.
J'ai ressenti le poids des circonstances
J'ai appris que la production du film fut en réalité une condition imposée par Warner Bros : Eastwood devait tourner un nouvel Inspecteur Harry pour que le studio finance son projet passion, le biopic jazzy Bird. Pour moi, cette contrainte explique le détachement apparent d'Eastwood, que l'on ressent dans le lissage du personnage. Certes, il est moins hargneux et plus sociable, mais la fin m'a surpris : il finit par abattre froidement le méchant sans que celui-ci n'ait plus de balle en sa possession.
- Anticipant le succès commercial limité de Bird, Eastwood a confié la réalisation à Buddy Van Horn, son collaborateur de longue date et cascadeur. Ce choix, bien que compréhensible, confirme que le résultat n'est pas destiné à figurer parmi les chefs-d'œuvre de l'acteur, même si, à mon avis, il surpasse l'impopulaire réputation qui le précède.
Action, Punchlines et cette esthétique des 80's
- Le film s'inscrit pleinement dans l'esthétique des années 80, avec ces éclairages fluorescents et cette musique synthétique. J'ai trouvé intéressant qu'il explore des thèmes contemporains comme la toxicomanie, tout en proposant une critique acerbe du journalisme voyeuriste.
- L'intrigue, qui voit Harry enquêter sur une "dead pool" de célébrités, propose une succession de scènes d'action correctes. Harry, fidèle à lui-même, nous gratifie de ses célèbres répliques percutantes. Ma préférée restant l'iconique : "Les avis, c'est comme les trous du cul, tout le monde en a un." J'ai trouvé les idées scénaristiques sympathiques, notamment celle de la voiture télécommandée piégée, même si cela peut paraître un peu kitsch.
Le bilan est mitigé
- Cependant, je dois avouer que l'ensemble manque d'enthousiasme et n'évite pas les clichés. Le film n’a pas la tension de l’original ni les thématiques fortes des deux épisodes précédents.
- Malgré tout, je trouve que La dernière cible reste un honnête polar qui se suit sans déplaisir. Je note, avec plaisir, qu'il a permis de révéler deux acteurs désormais renommés : Liam Neeson, et Jim Carrey, interprétant un musicien toxicomane.
En conclusion
- Bien que j'aie trouvé le film divertissant, je pense qu'il marque malheureusement la fin de la saga sur une note mitigée. Il était grand temps pour l'inspecteur Harry de remiser son 44 Magnum.