Il existe de grandes étapes dans la vie d'un homme, le premier boulot, le premier appart', le permis de conduire, le premier amour, la première et inattendue feuille d'imposition perpétuellement trop chère.


Heureusement dans le flot ininterrompu de banalités sans intérêt il existe au moins quelques éléments amusants comme l'idée de voir l'un des films les plus importants du cinéma estonien. Cela va sans dire que l'on n'est pas dans mon élément de prédilection et que je ne prétend pas vouloir forcément faire une critique éclairée, mais simplement partager un ressenti à chaud, et quitte à être pris pour un snob, autant que ce soit pour de bonnes raisons.


Éliminons tout de suite les défauts : nous voici en présence d'un film d'aventure des années 60 qu'on croirait tout droit sorti de l'imagination d'un Philippe de Broca avec les deux rôles titres menés d'un coté par une gueule d'ange du moment dans le rôle du bel aventurier, et de l'autre par Ingrid Andrina, la Claudia Cardinal estonienne (on m'informe à l'oreillette qu'elle est Lettonne, enfin, vous voyez l'idée). L'histoire si elle n'a rien de fou s'inscrit volontier dans le cinéma du genre des années 60, avec son lot de personnages fonction introduits à la truelle, apparaissant le temps d'une scène pour fournir un élément de spectacle ou un retournement scénaristique avant de disparaitre, c'est un peu un scénariste qui se fait plaisir.


Cependant point de comédie et de vaudeville ici, c'est un film romantique en costume d'époque joliment fait qu'on nous offre. J'aurais bien du mal à écrire un roman sur le film sans me contenter de tout raconter, mais la façon de faire est aussi déstabilisante qu'elle est amusante, un film d'aventure aux thèmes musicaux enjoués, où ça se biture et où ça bataille joyeusement dans la pure tradition du genre, les minutes défilent et on voit aisément comment ce film a pu devenir culte dans son pays d'origine tant il va naturellement jouer tous les codes du film de cape et d'épée avec un charme au moins aussi ravageur que celui de Bardot-Estonie (Lettonie, pardon) on y retrouve alors le lot de personnages habituels du genre, de bonnes idées bien menées qui ne rendent pas le film exceptionnel mais amusant, et même quelques tours de passe-passe en mode deus ex machina, un film amusant et généreux.

Crillus
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le 11 mars 2017

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