8
le 29 juil. 2011
SuivreSuggestion et imaginaire
La Féline de Jacques Tourneur, film de 1942 : des images superbes dans un noir et blanc très travaillé, et l'art d'en montrer le moins possible pour suggérer, créer le mystère et susciter la...
Avec La Féline, Jacques Tourneur signe bien plus qu’un simple film fantastique ou d’horreur, c’est une œuvre fondée sur le doute, la suggestion et la peur de l’invisible.
Le scénario suit Irena, une jeune femme serbe installée à New York, qui croit être victime d’une malédiction familiale : sous le coup de l’émotion ou du désir, elle pourrait se transformer en panthère. Là où un autre réalisateur aurait montré le monstre, Tourneur choisit au contraire de ne presque rien montrer. Et c’est précisément ce qui rend le film aussi inquiétant.
Tourneur soigne aussi l'atmosphère: les ombres, les bruits, les silences et les mouvements de caméra deviennent les véritables instruments de la peur. Mais aussi une silhouette dans une rue sombre, des bruits de pas, une ombre qui traverse un décor… Le spectateur est laissé face à sa propre imagination.
Le fameux passage de la piscine est d’ailleurs un modèle du genre. Avec très peu d’effets, Tourneur parvient à créer une tension. La menace semble partout, sans jamais être clairement identifiable. Cette manière de suggérer plutôt que de montrer a largement contribué à l’influence du film sur le cinéma fantastique.
Idem pour la scène où Jane se rend de nuit à l'arret d'autobus et semble suivie. Alternant les endroits sombres et ceux éclairé par les lampadaires, le silence et la solitude créent un climat d'angoisse permanant. Jusqu'au grondement du bus qui ressemble au rugissement d'une panthère. Efficace!
Aujourd’hui encore, le film impressionne par son intelligence et sa sobriété. Tourneur comprend que l’horreur est souvent beaucoup plus efficace lorsqu’elle reste hors champ. Il ne cherche pas à effrayer par la démonstration, mais par l’incertitude.
Un grand classique du fantastique, élégant, mystérieux et profondément inquiétant, qui prouve qu’avec trois ombres et quelques bruits de pas, on peut parfois faire beaucoup plus peur qu’avec les monstres les plus sophistiqués.
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes C'était mieux avant...remontons le temps . et FILMS VUS EN 2026
Créée
le 31 juil. 2026
Critique lue 2 fois
8
le 29 juil. 2011
SuivreLa Féline de Jacques Tourneur, film de 1942 : des images superbes dans un noir et blanc très travaillé, et l'art d'en montrer le moins possible pour suggérer, créer le mystère et susciter la...
7
le 30 janv. 2011
SuivreUn classique de la série B ingénieuse, où comment compenser le manque de moyen par l'intelligence de la mise en scène. Val Newton réussit ici avec Jacques Tourneur un coup de maître. Un film qui...
8
le 16 mai 2014
SuivreTourné en à peine trois semaines pour un budget modeste de 135 000 dollars, "La féline" en remporta plus de quatre millions, sauvant la RKO du naufrage après l'échec de "Citizen Kane". Un produit de...
7
le 31 août 2025
SuivreFilm visionnaire qui, presque trente ans plus tard, résonne encore avec une troublante actualité. Mélange de film noir, de thriller cyberpunk et de dystopie urbaine, le film nous propulse dans un Los...
10
le 1 juil. 2025
SuivreAlejandro Amenábar revient au film d'épouvante raffiné, dans la tradition du gothique victorien avec cette grande bâtisse noyée dans un brouillard permanant , à contre-courant du gore et des jump...
7
le 12 juin 2025
SuivreDirection les salles obscures pour un retour à Burk en compagnie de mes mômes qui depuis 2010, ont bien grandi. Le premier animé est exceptionnel , d'une inventivité et originalité qui fait du bien ...
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème