Dans La femme de, le second long-métrage de David Roux, adapté d’un roman d'Hélène Lenoir, le premier rôle n’est pas loin d’être dévolu à une grande maison bourgeoise, en périphérie angevine, à l’atmosphère aussi étouffante que les relations entretenues en famille. Mais c’est le personnage d’épouse et de pièce rapportée, incarnée magnifiquement par Mélanie Thierry, qui donne tout son sel à une histoire moins remarquable par ses rebondissements que par son ambiance mortifère et chabrolienne. Éric Caravaca, son excellent partenaire, explique dans ses interviews que l’actrice est d’une justesse stupéfiante dans sa manière de jouer le « vide », ce qui est dans sa bouche un immense compliment, qui n’est d’ailleurs pas contestable. Malgré un faux rythme qui affaiblit quelque peu son propos, le film s’installe benoîtement dans un inconfort narquois, délaissant ses velléités bovarystes pour un récit d’émancipation féminine courageux bien qu’un tantinet laborieux. Sur la « langueur », La femme de n’a de cesse de trouver son identité et trouve grâce à nos yeux, tout acquis à sa cause que nous sommes.