N’ayant pas lu les romans de Freida McFadden ; sorte de Mary Higgins Clark du XXIᵉ siècle, j’ai abordé le film sans mode d’emploi. Et, reconnaissons le, ça fonctionne : l’intrigue se suit sans peine, le récit est efficace, on se laisse emmener.
Mais à en croire les lecteurs, le film, s’il respecte l’ossature du roman, en perd la subtilité. Là où le livre jouerait sur l’ambiguïté et les zones grises, l’adaptation choisit souvent la ligne droite. Les personnages deviennent plus lisibles, parfois trop, et certains enjeux psychologiques virent à la caricature. Ce qui donne paradoxalement envie d’aller lire le roman ; comme si le film en était une bande-annonce un peu appuyée.
Reste que le film tient largement grâce à son trio d’acteurs. Sydney Sweeney, à croquer, apporte une fragilité troublante ; Amanda Seyfried, actrice de plus en plus intéressante (et accessoirement peu goûtée par Trump, ce qui est déjà un label), confirme qu’elle sait naviguer entre douceur et inquiétude ; quant à Brandon Sklenar, aussi subtil qu’un loup dans un poulailler, il s’en sort paradoxalement mieux quand son personnage cesse d’attaquer pour devenir l’agressé.
Au-delà de son intrigue, le film s’inscrit clairement dans une ère post-#MeToo : il en adopte les codes, les évidences, parfois au détriment de la complexité. Ce qui explique sans doute qu’il trouve facilement son public… mais aussi qu’il laisse cette impression un peu frustrante d’un film « pas loin d’être vraiment bien ». Un film qui se regarde avec plaisir, se comprend trop vite… et donne surtout envie de vérifier si le roman, lui, ose aller là où l’écran n’ose pas.