C'est tellement bien de voir un film français aussi radical. Le parti prix est assez genial puisqu'il démarre plus qu'ambiguë, en nous parlant de misogynie au sein de la police. Le film vient nous faire comprendre qu'elle n'est pas à sa place, et si dans la diégèse c'est parce que c'est une femme, selon ses collègues du moins, on comprend vite que c'est son envie de bien faire les choses au sein d'une institution qui n'a pas sa place dans notre société qui la décale de celle-ci. La fin est d'un nihilisme total, tout en nous dépeignant des personnages extrêmement gris tout du long.
La mise-en-scène épouse un formalisme froid, mais le montage n'hésite pas à changer de rythme, notamment dans ses cuts, pour nous faire entrevoir certains détails. Les changements de focales sont cependant souvent évocateurs (flou prononcé lors de dialogues plus psychologiques, etc.).
Boisset réalise un film sur la corruption en tentant de nous en montrer le plus de facettes possible, et on lie rapidement l'affaire de réseau pédophile aristocrate au climat général qui règne au sein de la police. C'est simplement les 2 faces d'une même pièce. On oublie pas évidemment de régulièrement ramener cela au niveau humain, quand il le faut, notamment grâce à la relation entre la flic et la gamine, qui revient pour une dernière scène très forte.
Belle critique des institutions, de leur corruption et de la violence bourgeoise qui tient le prolétariat en tenaille de tous les côtés. Franchement qu'est-ce qui a changé en 40 ans ?