"Qu'y a-t-il de pire qu'une femme ? Deux femmes."*

Etant tombé amoureux de la princesse Tarji (Betta St. John) lors d’un voyage de commerce au Burkistan, Clemson Read (Cary Grant) la demande en mariage après une dispute avec sa fiancée Effie (Deborah Kerr). Mais le gouvernement américain est en train de passer un accord colossal avec le Burkistan concernant les échanges de pétrole, et la conduite de Read, prompt à oublier les coutumes du pays de la princesse, ne met pas en danger que son mariage. Elle met aussi en danger les relations internationales des Etats-Unis… Pour surveiller Clemson, Effie est déléguée par son chef (Walter Pidgeon) comme interprète auprès des deux fiancés.


Avant Elle et lui, le couple Cary Grant-Deborah Kerr s’était déjà trouvé ensemble à l’écran dans un film méconnu (qu'on peut rattraper grâce à la merveilleuse collection TCM des Trésors Warner), mais agrémenté ici de la délicieuse (quoique pas autant que Deborah Kerr) Betta St. John. Un triangle amoureux parfaitement exploité, à l’image des conflits entre les visions occidentales et orientales de la femme, savamment mis en valeur par un scénario malicieux, des dialogues aiguisés, ainsi que par des acteurs qui s’en donnent à cœur joie.
Il est d’autant plus dommage que le film, qui annonçait une réflexion intéressante sur la place de la femme dans nos sociétés contemporaines (les scènes du début nous offrent une savoureuse vision de la femme « émancipée », obnubilée par son travail, qu'elle fait passer avant sa vie privée), finisse par tourner en rond et ne mener nulle part, se laissant emporter par son romantisme au détriment du bon sens.
Ayant compris qu’on n’en tirera rien de très profond, on ne cherchera rien d’autre dans La Femme rêvée qu’un divertissement honnête, qui nous assure son quota de rires, quoique rien ne puisse en faire un chef-d’œuvre de la comédie américaine. Et on se rappellera tout au long du film cette citation délicieusement cynique de Sacha Guitry, et qui s’adapte parfaitement ici : « Je conviendrais bien volontiers que les femmes nous sont supérieures, si cela pouvait les dissuader de se prétendre nos égales. ».


*Jean Cocteau

Tonto
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le 2 janv. 2017

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Tonto

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