La femme scorpion est, à n'en pas douter, un film culte.
Ce premier film connaîtra 5 suites, c'est dire.
"La femme scorpion" est encore souvent (et justement) cité comme ayant inspiré le diptyque Kill Bill de Quentin Tarantino.
L'univers carcéral féminin a été très peu décrit, très peu utilisé dans le monde du septième art.
Pourtant, le potentiel est évident et il éclate avec ce film. On a des personnages féminins très noirs (mesquinerie, médisance, trahison voire sadisme) mais très convaincants et réalistes.
La réalisation est le très gros point noir de ce film ; le budget de la production est tellement serré que certaines scènes ont été filmées comme au théâtre sans décor et presque sans changement de caméras. Il y a ainsi une alternance de scènes de (vrai) cinéma et d'autres qui ne sont que des représentations imagées/théâtrales de ce qui aurait dû être filmé/réalisé si la production avait eu (ou s'était donnée les moyens d'avoir) le financement.
Avec cette réalisation, on est malheureusement parfois à la limite du ridicule alors que le propos du film est tout à fait sérieux.
Malgré ce fardeaux, force est de constater que Meiko Kaji porte le film sur ses épaules ; elle ne prononce parfois pas un mot pendant de longues minutes et pourtant....
....Quelle présence, quel regard ; l'actrice hypnotise le spectateur, on se sent comme paralysé, sous l'emprise du regard fixe et implacable d'un prédateur, d'un scorpion.
Le film, malgré une réalisation au rabais, profite d'une excellente BO avec un thème "Urami bushi" (qui sera repris tout au long de la saga) d'une efficacité redoutable : https://www.youtube.com/watch?v=ArNu_NnWl-U&list=RDArNu_NnWl-U&start_radio=1
Le scénario est (si l'on excepte l'originalité de l'univers carcéral féminin) plutôt convenu/prévisible ; dès le premier film, la perspective d'une suite transparait.
Reste la fascinante résilience de Nami et sa capacité sans cesse renouvelée à endurer (et parfois déjouer) le sadisme carcéral. Malgré la cruauté (parfois assez gratuite) de certaines scènes et l'aspect très prévisible de certains rebondissements, il m'est paru impensable de passer à coté des (nombreuses) suites.
En synthèse : totalement culte