Un film sympathique mais indéniablement vieillot, dans lequel Jean Devaivre propose un biopic de Paul-Louis Courier, écrivain pamphlétaire du XIXème siècle, mort assassiné dans des circonstances troubles.
"La ferme des sept péchés" (drôle de titre, peu évocateur, choisi par les producteurs contre l'avis de Devaivre) se présente donc comme un polar de type whodunit, construit sous forme de flashbacks parfois artificiels, qui cassent un peu le rythme du récit - d'autant que Devaivre ne s'interdit pas quelques séquences dédiées à la nature, aux faux-airs de documentaire animalier.
Davantage que l'intrigue policière, l'intérêt du film réside dans sa description politique de la France du début du XIXème, partagée entre monarchistes, bonapartistes et républicains (c'est le cas de Courier), avec toujours un forte influence de l'Eglise, en particulier dans les campagnes.
Le mode de vie rural à cette période semble plutôt bien rendu.
C'est Jacques Dumesnil qui hérite du rôle de Courier, et le comédien peine à donner une cohérence au personnage, dont la dualité semble exagérée (homme doux et bon, puis soudain affreusement avare et acrimonieux). De manière générale, les comédiens ont tendance à surjouer, mais c'est aussi l'époque qui veut ça.
On remarquera toutefois la prestation habitée de Jacques Dufilho en simple d'esprit, ainsi que la solide présence d'Helena Manson, Pierre Renoir ou encore Alfred Adam.
Enfin, signalons que Jean Devaivre signe une mise en scène de bonne tenue, à l'exception d'une musique envahissante de Joseph Kosma, et de quelques effets de montage de mauvais goût.
Le film obtiendra le Léopard d'or au festival de Locarno en 1949.