Je dois bien avouer que, autant intrigué par leur côté pittoresque que refroidi par leur réputation pas très flatteuse, je n'avais jamais vu de film de Jean Rollin. Et en fait, le visionnage de cette œuvre tardive (2002) du cinéaste m'a fait retrouver un peu tout ce que j'en attendais, en bien comme en mal.
Et donc oui, on est face à du fantastique reposant sur de vieux arguments (ici, Dracula), à la mise en image quelque peu molle, à l'interprétation bien perfectible à peine rehaussée par une certaine générosité dans le plan nichon gratuit, et l'ensemble avouant sans ambage son budget microscopique.
Mais, malgré tout, c'est pas aussi mauvais que j'aurais pu le croire. C'est sans génie et cheap, certes, mais ça a conscience de ses limites, ça n'essaye jamais de jouer cyniquement sur une connivence certaine avec son public, et ça se permet même, par moment, d'être vraiment drôle dans son absurdité assumée (les nonnes folles) et d'avoir une vraie poésie, soutenue par l'honnêteté de la démarche filmique. C'est déjà ça.
(Et du coup, j'ai envie de jeter un oeil à La Reine du Sabbat de Gaston Leroux)