Si vous connaissez un peu le cinéma américain, et que vous lisez « film noir avec William Holden et Lee J. Cobb, et que vous avez vu Sur Les Quais et Douze Hommes en Colère, vous vous dites qu’il y a là-dedans un méchant joué par le deuxième et un bon joué par le premier.
Et bien, c’est le contraire ici, et c’est peut-être le premier intérêt de « Ce Passé Obscur » bien trop vite éclairé ( ça m’a rappelé « I saw the light », une bonne chanson country archi chrétienne) par la psychanalyse miracle du « sombre méchant ». Et c’est là la limite du résultat sur l’écranL
Mais allez rendre le projet cinématographique autrement, allez compresser une grande quantité de séances de cette « science » devenue pour certains leur nouvelle « religion », avec en plus tous leurs temps morts, en une heure douze comme c’est le cas ici.
La deuxième originalité du film est formelle. C’est en fait la première à l’écran. C’est la présentation de son activité par le narrateur, « expert at understanding people » comme il le dit lui-même.
La troisième, et non la moindre, est le fait que, si dans les meilleurs films de criminels, le personnage principal est un malade mental, le spécialiste de sa maladie, bref le psy, n’est pas DANS le film alors qu’ici, si, si, le psy n’est pas le critique dans la salle ou même le simple spectateur, mais bien dedans face à face avec le « méchant » pour l’amener à faire « face » à sa propre « scar », sa propre « méchanceté ».
Ne soyons donc pas trop sévères avec ce film de 48, un an avant, sur le thème de la folie meurtrière du meurtrier fou, le chef-d’œuvre White Heat avec Cagney et Mayo qui n’ont pas le style de Holden et Nina Foch, et plus tard Le Gaucher d’Arthur Penn pour ce qui est du rapport au père.
Considérons que c’est un film « éducatif » (oh ! le gros mot) comme le sera, en 55, Blackboard Jungle » chef d’œuvre du genre sur les ghettos scolaires des non « héritiers ».
p.s. Tiens! pour une fois j'ai mis plus de temps à écrire ma critique sur le film qu'à le regarder