Lorsque Sydney Pollack se plie aux règles d'une cinéma à la mode, cela donne "La firme", un concept commercialement correct à base de Tom Cruise et de Gene Hackman sous-employé. La mise en scène de Pollack, semblable à celle des commis d'office hollywoodiens de cette époque, ne montre aucune personnalité et, au contraire, n'est pas avare de complaisances narratives.
La firme en question est un cabinet d'avocats, une sorte de secte dont les multiples collaborateurs œuvrent en faveur de personnalités mafieuses. Ce que ne tarde pas à découvrir un brillant et frais émoulu avocat qui, lui, se dérobe à ces lucratives activités.
Le réalisateur investit une nébuleuse corrompue et criminelle pour en tirer un film d'un suspense très banal. Tom Cruise prête son visage trop lisse et ses insuffisances d'acteurs (si, si) à ce personnage qui se bat (presque) seul contre tous. Le Pollack d'avant, celui des "Trois jours du Condor", aurait sans doute évoquer plus subtilement et dénoncer dans une intrigue plus habile les méfaits occultes d'une organisation aux allures respectables.
On peut faire du cinéma engagé avec Gene Hackman, c'est déjà plus difficile avec un bellâtre du box-office.