Madeleine et Raymond se sont mariés en cachette du paternel du jeune époux, un "père la morale" en même temps qu'un sévère magistrat (André Lefaur) dont ils craignent la désaveu.
C'est une comédie théâtrale dont on a franchement du mal à accepter cette convention selon laquelle personne n'ose avouer à l'autoritaire de monsieur de Méricourt l'union de son fils. La situation occasionne des moments de vaudeville plutôt médiocres ou complaisants pour faire fonctionner la mécanique. Mieux écrit, le sujet aurait fait un boulevard correct, voire singulier. Au lieu de quoi, on meuble avec un gigolo au stupide accent espagnol, vieille recette, ou avec une domestique noire qui ne parle pas un mot de français et qui fait l'objet de deux ou trois plaisanteries racistes et bêtes, autre vieille recette.
Le jeune couple d'amoureux couards, qui préfère s'enliser sans aucun bon sens dans le mensonge, est au cœur du film, ce qui donne à la comédie une touche sentimentale. Mais on aurait plutôt voulu voir face à face les deux "voix graves" du cinéma français de l'époque, Lefaur et Alerme, les deux beaux-pères, l'un ombrageux, l'autre épicurien. Mais le premier fait une composition uniforme et sans la moindre subtilité de psychorigide, le second est épisodique et anodin. En plus, on se dirige droit vers une conclusion aussi convenue qu'insipide.