Je me rappelais avoir conclu à la caricature mais n'avais aucun souvenir du contenu. C'est un peu bis et surtout, comme tout l'indiquait, très téléfilmique. Non-dits et inceste dégoulinants puis explosion de sordide. Lourdeur et simplisme, avec les pauvres sous-entendus (et les lapsus ou accusations via le Scrabble). Comme dans La cérémonie une assassin et sa complice sont blanchies car elles souffrent beaucoup (et ont un fou rire au moment le plus glauque) – cette fois elles viennent de la classe d'en face. Petit plaisir régressif similaire à celui devant un polar poussiéreux et ringard mais vraiment sombre ; à retenir éventuellement, une excursion en HLM de la bourgeoise en quête de sens et de votes, où elle étale malgré elle ses clichés courts (probablement 'de droite' car méchants dans l'esprit du film – factuellement, la preuve qu'elle n'est qu'une 'midwit' qui ne comprend rien et devrait s'en tenir à des occupations décoratives).
Enfin tout dans la cible (l'attaque comme la cible elle-même) est caricature fatiguée et reflet des bêtises et névroses franchouillardes : cette famille est donc sous l'emprise d'un patriarche forcément méchant – un 'porc' comme en voient toutes les frustrées, un salaud, un patron/notable débonnaire gênant comme n'importe quel adulte en aura vu. Puis dans les tréfonds et bien qu'on se fiche de tout au-delà de notre nombril (malgré l'implication récurrente de la famille en politique), le crime des crimes : on a sacrifié pendant la guerre, même des enfants ! De quoi imposer le silence (ces hommes-là sont absolument des fautifs et des ordures – leurs familles sont mi-ordures par proximité, mi-victimes, donc c'est correct et émouvant) et couvrir la complaisance passée de ces femmes et ces enfants qui subissent – de loin, on aurait pu les croire bien compensés pour toutes ces souffrances muettes – peut-être même, co-responsables ! Et sensibles au sort du monde toujours en retard, quand il invente une justification à votre lâcheté. Cette vieille conne mielleuse veut croire qu'un meurtre va lui rendre sa vertu (qu'elle a bien sût offrir au patriarca-cat) et le film lui sert la soupe !
https://zogarok.wordpress.com/2025/03/05/la-fleur-du-mal/