Professeur de sciences naturelles et garde-chasse improvisé, Walt Murdock s'oppose à un gang de braconniers par le truculent Cottonmouth (Burl Ives et sa barbe rousse).
Nicholas Ray est un film insolite et sympathique dont le héros est un écolo avant l'heure, tout au moins dans le cinéma américain de l'époque. Aux abords d'un Miami encore embryonnaire, le réalisateur investit les Everglades, ces marais sauvages et hostiles qui forment un décor saisissant autant qu'un sanctuaire pour la faune, lequel sanctuaire est menacé par des chasseurs d'oiseaux.
Ray filme les Everglades en amoureux des lieux, y met en scène une aventure modeste mais divertissante, d'autant moins dans la bien-pensance écologiste que l'antagonisme entre Murdock et les braconniers est subtil, pas du tout dans le manichéisme. L'idée la plus plaisante du scénario est de créer, au cœur des marécages, une sorte de Cour des miracles, une confrérie originale et fantaisiste de braconnier loqueteux et crasseux sur laquelle règne le massif et ambivalent Cottonmouth, facétieux ou féroce selon les moments. Le charisme de Burl Ives et la singularité de son personnage sont pour beaucoup dans la valeur de ce film étonnant.