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J’avais tellement hâte de voir ce film, tant les retours qui avaient suivi sa projection au Festival de Cannes étaient dithyrambiques. Je n’ai pas été déçu ; j’ai trouvé le film tout simplement exceptionnel, d’autant plus que ce n’est que le premier long-métrage de Marine Atlan. Elle revendique d’ailleurs son cinéma comme étant un héritage de celui d’Abdellatif Kechiche, et cela est très visible dans sa manière de mettre en scène les dynamiques de groupes d’adolescents.
Le groupe d’adolescents en question est une classe de terminale qui part en voyage scolaire à Pompéi. Marine Atlan parvient à donner une vie et une dimension à ce groupe en mettant en scène des situations filmées de manière naturaliste. Les acteurs sont majoritairement non professionnels et ont, d’après ce que la réalisatrice a dit, pu participer activement à l’écriture de leurs personnages. Cela a été très bénéfique pour le film puisqu’on entend des discussions d’adolescents avec une façon de parler qui leur est personnelle et qui est celle d’adolescents, et non pas des dialogues écrits par une personne plus âgée qui pense, à tort, connaître la manière avec laquelle s’expriment les adolescents d’aujourd’hui. C’est justement comme ça que Marine Atlan parvient à susciter de l’intérêt pour des scènes comme celles où la professeure donne ses cours. Ces scènes sont longues, mais les interactions entre les personnages, les interruptions de cours et les disputes semblent tellement naturelles qu’on se lasse difficilement de ces scènes et qu’on se sent pleinement plongé dans l’atmosphère d’une classe d’adolescents.
“La gradiva” est également une réussite dans sa manière d’utiliser le décor et l’atmosphère de la ville de Pompéi pour exalter les désirs naissants ou enfouis des personnages, faire rejaillir des frustrations jusque-là intériorisées par les adolescents (ainsi que par leur professeure). Il y a d’ailleurs un grand plaisir à suivre, tout au long du film, une allégorie de cette jeunesse qui peut bouillir et exploser de manière dramatique, avec l'évocation de l’éruption du volcan de Pompéi qui traverse le film.
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Créée
le 27 juin 2026
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