J’avais tellement hâte de voir ce film, tant les retours qui avaient suivi sa projection au Festival de Cannes étaient dithyrambiques. Je n’ai pas été déçu ; j’ai trouvé le film tout simplement exceptionnel, d’autant plus que ce n’est que le premier long-métrage de Marine Atlan. Elle revendique d’ailleurs son cinéma comme étant un héritage de celui d’Abdellatif Kechiche, et cela est très visible dans sa manière de mettre en scène les dynamiques de groupes d’adolescents.


Le groupe d’adolescents en question est une classe de terminale qui part en voyage scolaire à Pompéi. Marine Atlan parvient à donner une vie et une dimension à ce groupe en mettant en scène des situations filmées de manière naturaliste. Les acteurs sont majoritairement non professionnels et ont, d’après ce que la réalisatrice a dit, pu participer activement à l’écriture de leurs personnages. Cela a été très bénéfique pour le film puisqu’on entend des discussions d’adolescents avec une façon de parler qui leur est personnelle et qui est celle d’adolescents, et non pas des dialogues écrits par une personne plus âgée qui pense, à tort, connaître la manière avec laquelle s’expriment les adolescents d’aujourd’hui. C’est justement comme ça que Marine Atlan parvient à susciter de l’intérêt pour des scènes comme celles où la professeure donne ses cours. Ces scènes sont longues, mais les interactions entre les personnages, les interruptions de cours et les disputes semblent tellement naturelles qu’on se lasse difficilement de ces scènes et qu’on se sent pleinement plongé dans l’atmosphère d’une classe d’adolescents.


“La gradiva” est également une réussite dans sa manière d’utiliser le décor et l’atmosphère de la ville de Pompéi pour exalter les désirs naissants ou enfouis des personnages, faire rejaillir des frustrations jusque-là intériorisées par les adolescents (ainsi que par leur professeure). Il y a d’ailleurs un grand plaisir à suivre, tout au long du film, une allégorie de cette jeunesse qui peut bouillir et exploser de manière dramatique, avec l'évocation de l’éruption du volcan de Pompéi qui traverse le film.

FranG1909
9
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Top 10 Films, Films sortis en 2026 et Top 10 Cinéma français

Créée

le 27 juin 2026

Critique lue 59 fois

La Gradiva

La Gradiva

7

Cinephile-doux

le 29 juin 2026

Suivre

Voir Naples et ...

Certains films partent pied au plancher, manière d'accrocher l'attention, et finissent par confondre vitesse et précipitation. Point de cela dans La gradiva de Marine Atlan, un premier long métrage...

La Gradiva

La Gradiva

10

lefouducinema

le 6 août 2026

Suivre
Dernière modification

le 6 août 2026

Beau.

La Gradiva est un chef-d’œuvre. Un film magnifique, de part sa composition, ses couleurs, ses dialogues, ses personnages. Une œuvre originale, dépeignant avec talent, et subtilité une génération, un...

La Gradiva

La Gradiva

8

Pout

le 28 juin 2026

Suivre

Lis ta lie

Marine Atlan vient de l'image avant de venir du récit. Cheffe opératrice remarquée du Ravissement d'Iris Kaltenbäck et de L'Engloutie de Louise Hémon, elle signe avec La Gradiva un premier long...

Backrooms

Backrooms

4

FranG1909

le 30 mai 2026

Suivre

Un grand potentiel, mais ça reste décevant

Avant de commencer ma critique du film, je dois préciser que j’entends parler des “backrooms” sur Internet depuis des années, mais que jusqu’à aujourd’hui, je n’avais jamais pris le temps de me...

L'Abandon

L'Abandon

4

FranG1909

le 13 mai 2026

Suivre

La prévention a (hélas) pris le dessus sur le film

L’assassinat odieux de Samuel Paty a a tellement marqué les esprits et horrifié notre pays, que je n’ose même pas imaginer le niveau de pression avec lequel Vincent Garenq a dû composer pour faire ce...

La Chaleur

La Chaleur

4

FranG1909

le 27 juin 2026

Suivre

Gros coup de chaud

Après « L’Inconnu de la grande arche » que j’avais beaucoup apprécié, j’avais une assez grande attente concernant le nouveau film de Stéphane Demoustier, « La Chaleur ». L’intrigue se situe en été...