La Gran Obra est un drame aux accents de thriller sur l'opposition entre classe d'ultra riches et classe ouvrière. Difficile de ne pas voir l'influence de Parasite dans le ton du film, surtout que le choix de décor semble être un hommage évident. Le film est efficace, prend son temps pour mettre en place la relation entre les personnages, et culmine dans un échange sous tension, qui explicite par le dialogue le déséquilibre de pouvoir entre riches et pauvres. J'aurais souhaité que le décor, l'architecture, soit mieux utilisé pour raconter visuellement cette tension, au lieu d'avoir un échange dialogué en champ contre champ devant le garage. Parasite l'avait très bien fait. Le film manque aussi pour moi d'un point de vue clair, car il nous met d'abord dans les chaussures des riches méfiants (quand le père sort un couteau, on nous suggère qu'il est potentiellement dangereux) puis finit par nous mettre clairement du côté des pauvres quand ils se font arnaquer. La question est alors à qui ce film s'adresse t-il et de quoi essaye t-il de convaincre ? Trop nombreux sont les films sur la division des classes avec un constat aussi banal que les riches écrasent les pauvres. Le film aurait presque mérité plus d’ambiguïté, interrogeant les spectateurs sur leurs préconceptions en leur faisant craindre ces gens pauvres sans aucune preuve tangible de leur dangerosité, puis les laissant sortir du film à se questionner, si ils avaient vraiment raison d'être méfiants ou si il ne s'agissait que de leurs biais (racisme inconscient, etc.) Ainsi, ce chef-d’œuvre, qui arrive dans les cinq dernières minutes, n'aurait presque pas lieu d'être.