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Sorrentino tourne trop : il aurait été de bon ton d’attendre deux, voire trois ans, entre deux films. Le temps qu’on digère, qu’on passe à autre chose, et qu’il puisse nous laisser croire qu’on se...
Paolo Sorrentino livre un film d'une finesse, d'une beauté, d'une intensité et d'une profondeur remarquable.
Le Président De Santis, éminent juriste arrive à la fin de son mandat et va devoir quitter le Quirinal non sans terminer son travail sur deux dossiers épineux : le choix d'accorder la grâce à deux prisonniers ou non, et le choix de signer ou non une loi sur l'euthanasie portée par sa fille.
"Si je ne la signe pas, je suis un bourreau, mais si je la signe je suis un assassin", cette réplique souligne le dilemne moral de cet homme complexe, brillant, attachant, extrêmement intelligent mais qui est aussi un veuf éploré qui ne se remet pas de la perte d'Aurora, sa femme.
Sorrentino sait filmer ses acteurs avec une efficacité redoutable, sachant capter chaque intention, chaque petit geste, en laissant le temps au temps.
Le scénario est brillant, les dialogues ciselés sont aussi savoureux que nets. Chaque personnage est écrit avec soin, aucun second rôle n'est baclé, tous sont habités.
Le ton parfois tendre, parfois ironique, souvent surprenant, peut aussi devenir poignant.
Ce film pétri d'humanité, d'une portée philosophique, nous donne tant à réfléchir tout en nous captivant par la force de l'histoire, la beauté des images, la perfection du montage et les jeux subtils permis par une lumière maitrisée à la perfection dans chaque plan.
Captivant du début à la fin, on se laisse emporter par le cheminent de ce président que l'on suit et nous retrouvons nous aussi une forme de légereté, comme une larme en apensanteur, ou comme le dit si parfaitement la Vo "in assenza di gravità" : en absence de gravité.
Voilâ c'est ça la gràce du grand cinéma : nous élever l'âme en nourrissant l'esprit grâce à une vraie vision habitée et construite. Un immense plaisir de spectateur comblé.
Una grande opera : une vraie oeuvre artistique.
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Créée
le 2 févr. 2026
Critique lue 33 fois
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