Œuvre de la reconnaissance pour son réalisateur Mathieu Kassovitz et celle de la consécration pour Vincent Cassel La Haine reste l’un des films majeurs du cinéma français des années 90. Film culte s’il en est le second long métrage de Kasso succède au très prometteur Métisse, comédie sociale lorgnant du côté du cinéma de Spike Lee et de son Nola Darling n’en fait qu’à sa tête…


Sur un postulat assez proche d’un autre film du réalisateur américain ( l’excellent Do the Right Thing, sorti quelques années plus tôt ) La Haine selon Kassovitz témoigne de qualités techniques suffisamment rares dans le cinéma français pour être soulignées. Moins virulent et certainement un brin plus consensuel que le Ma 6-T va crack-er de Jean-François Richet ledit film culte reste un formidable plaisir de cinéma, jouant aussi bien sur les références que sur toute une mythologie de la banlieue : montrant une jeunesse désœuvrée, confrontée à l’ennui urbain et à l’animosité policière La Haine reste un film à thèse tout à fait remarquable dans sa démonstration faite de situations réalistes et douée d’un certain sens du contrepoint. De ce point de vue Mathieu Kassovitz signe un drame contemporain magistral dans ses ambitions narratives et ses nuances discursives.


La Haine bénéficie en outre d’un casting passionnant, des principaux rôles aux plus petits ( citons pêle-mêle Vincent Lindon, Benoît Magimel, Edouard Montoute, Philippe Nahon ou encore Karin Viard et Marc Duret…) tout en cultivant une forme visuelle et sonore particulièrement séduisante : Noir et Blanc glamour, composition dramatique jouant sur un caractère proche de l’improvisation et du ludisme, bande-son et musique chiadées convoquant aussi bien Bob Marley qu’un sample de Cut Killer devenu aujourd’hui incontournable...


Le groupe formé par Saïd, Vinz et cousin Hub’, le pastiche du fameux « you talking to me » de Taxi Driver par Cassel, le travelling compensé tourné sur un toit de la gare du Nord, la prestation hilarante de François Levantal en tête brûlée complètement cintrée, la séquence du barbeuk à Chanteloup-les-Vignes ou encore la scène de torture dans le commissariat par Zinedine Soualem… La Haine fourmille de passages tous plus cultes les uns que les autres, s’imposant comme une référence forcément justifiée au fil du temps. Excellent !

stebbins
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le 17 juil. 2017

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