Presque 10 ans après sa sortie, alors que je me lance dans une tournée d'Emma Stone, pour le troisième film je mets en route La la land. Les critiques sur senscritique sont très bonnes. C'est avec la quasi-certitude de passer un bon moment que je lance la vidéo.
Première scène, des gens sortent de leur voiture dans un grand bouchon et se mettent à danser. D'abord une, bientôt 50 personnes sur des toits de voiture en train de danser. Arrrrh c'est une comédie musicale (je regarde jamais les synopsis). Bon soit ne sois pas fermé me dis-je. Je mets les sous-titres de la chanson pour piper quelque chose, mon oreille étant dure à l'américain. Arrrrh c'est de la daube ! Bon déjà à ce moment-là j'ai pris un coup. Mais je suis fort de caractère donc j'ai continué :). Bon et ben mal m'en a pris car je n'aurai tenu que jusqu'à la moitié du film, quand tout espoir d'amélioration m'a paru vain. Car au fond ce film c'est quoi ? Une romance hollywoodienne lambda avec plein de clichés. Les deux amoureux sont deux prolétaires de l'art. L'un est un jazzman incompris, l'autre une scenariste/actrice qui peine à commencer une carrière. Qui dit prolétaires ne dit pas sans le sous attention. Car chez tonton hollywood deux jeunes gens sans boulot ou presque sont habillés en sur mesure et en grande couture pour le moindre RDV romantique. Et puis il y a ce cliché du jazzman incompris, pur dans l'âme, rebelle, artiste ignoré. Quant à l'histoire d'amour elle débute sur un "je t'aime moi non plus" d'une inoriginalité remarquable. Et dans tout ça s'enchaîne de nombreuses chorégraphies sur fond de paroles transparentes. Après j'ai arrêté donc je peux plus vous aider. Mais je crois qu'à ce stade la messe était dite.
Le positif ? Deux acteurs de qualité qui mettent leur charme au profit de la caméra. Cela peut suffir à faire de ce film un truc qui se regarde sans désagréments. Voilà tout.
Edit (spoiler) : après avoir écrit ma critique, je dîne et là paf l'ennuie me prend. Que vais-je faire ? Bon ben c'est parti je finis la deuxième partie du film, que je puisse juger pour de bon. La suite n'est pas meilleure comme on pouvait s'y attendre. Tout est caricatural, du déjà vu. Les deux tourtereaux finissent par se disputer sur fond d'inversion des valeurs : le puriste de jazz s'est fait réaliste, la réaliste s'est faite puriste. Pseudo rupture. Le gars la rattrape, finalement elle va percer dans le milieu, ouf, il fallait persévérer dans la croyance en soi. Coupure, nous voilà plus tard, quelques années. Les deux ont admirablement réussi (évidemment...) mais séparément. Par un hasard elle rentre dans le club de jazz de son ex avec son nouveau mari, père de sa fille. Paf le choc, dernière séquence du film, un montage pour imaginer ce qu'aurait été leur vie ensemble. Quelques derniers bisous pour la caméra. Un petit aurevoir complice et le film est terminée.
Alors voilà ce film est complètement creux. La forme ne soutient rien, elle est pure alignement dynamique de décor en papier mâché. Le scénario est éculé et famélique. Au final le réalisateur fait reposer le film sur le jeu des deux acteurs. Si Ryan Gosling arrive à rester sobre, Emma Stone finit par surjouer, car on lui en demande trop tout simplement. Le réalisateur a pensé qu'il suffisait de la filmer pour faire un film...
Même la musique du générique de fin est décalée. Quoique sympathique, elle est une composition de jazz édulcoré à la sauce mélodique. Elle est ce que le personnage de Ryan Gosling critiquait. Elle est à l'image du film, kitsch. C'aurait pu être un sympathique pied de nez, mais c'est ici 100% premier degré.