Il y a 15 ans, la réalisatrice suisse Ursula Meier a décroché le premier Valois du Festival francophone d'Angoulême. Son retour, cette année, dans la cité charentaise, avec La Ligne, confirme que son cinéma particulier témoigne d'une grande exigence, en s'attaquant souvent à des thématiques assez peu explorées. Ainsi en est-il avec son dernier film qui s'intéresse à la violence féminine, hors considérations sociales. Qui plus est dans le contexte d'une relation mère/fille complexe et que le film ne cherche pas à expliquer plus avant. Comme souvent chez Ursula Meier, La Ligne obéit à une structure flottante, qui surprend par une fausse linéarité et un refus de se conformer au dogme de la psychologie. Il y a assez peu de moments marquants dans le film mais ceux qui le sont impressionnent, à commencer par la scène d'ouverture, époustouflante. Il faut dès lors, afin de ne pas décrocher, suivre de près le fonctionnement de cette famille dysfonctionnelle (la mère a trois filles d'âges et de comportements très différents) et rechercher les ilots de tendresse qui existent, derrière une agressivité très prégnante. Si Valeria Bruni-Tedeschi et India Hair, notamment, jouent leur partition sans fausses notes, c'est du côté de la très physique Stéphanie Blanchoud qu'il faut chercher la prestation la plus percutante. Celle-ci, d'ailleurs, est également la coscénariste de La Ligne. Remarquable à plus d'un titre donc.

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le 27 août 2022

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