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le 6 mars 2024
SuivreLa liste rouge
Réalisé par Irwin Winkler, producteur notamment des Rocky ou de films de Martin Scorsese (qui fait d'ailleurs une apparition dans le film), il a aussi tourné lui-même quelques films. Ce n'est pas un...
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Premier long-métrage d’Irwin Winkler en tant que réalisateur mais pas inconnu du bataillon.
C’est grâce également à lui si « Rocky » a pu se faire, il en a été coproducteur : bien mal lui en a pris, il a été oscarisé du meilleur film en 1977. Il a suivi la même tendance en produisant « Creed » dans les 2010’s.
Il tisse avec « La Liste noire » un film-débat épuré qui donne un ton uniforme dès le début : merci Irwin.
Futur réalisateur de « Premier regard » (avec Val Kilmer) et des « Soldats du désert » (avec Samuel L. Jackson) notamment.
Synopsis : lorsqu’en 1951, un réalisateur hollywoodien se voit interdire d’exercer son métier sous peine d’aller au tribunal pour avoir participé à des réunions communistes, il organise sa défense.
Tout d’abord, comment ne pas penser à Dalton Trumbo, le plus connu de la liste maccarthyste, dans la peau de ce pauvre réalisateur incarné par De Niro ?
Sous les affres de cette affaire (et de ce qui s’est vraiment passé aux Etats-Unis pendant la ‘Guerre Froide’), les cartes qui nous sont dépeintes sont les dessous du cinéma avec tous ces jeux du chat et de la souris entre producteurs-réalisateurs-scénaristes, toutes les petites mains du cinéma qui, s’ils n’ont pas d’argent en fin de mois, sont obligés de dénoncer leurs amis pour avoir du crédit face aux yeux de la loi. Loi qui se veut bienveillante mais ô combien destructrice sur l’emprise du cinéma et des techniciens mobilisés pour la culture (ici, le septième art).
Irwin Winkler propose et surtout ose un regard acerbe sur la société qu’il dépeint avec fracas et décrépitude, et ce malgré les décors et affiches du cinéma tout au long de ce long-métrage. Le collaborateur scorsesien à cinq reprises (« New York, New York », « Raging bull », « Les affranchis », « Le loup de Wall street », « Silence » et « The irishman ») se fait l’alter-ego de son cinéma sans à priori et, sans fioritures, il se fait le narrateur d’une époque qui a vu l’essor même du cinéma duquel il est issu tout en faisant une belle déclaration d’amour au septième art en expliquant la vie et les tracas des petites mains d’Hollywood à travers la vie de ce réalisateur paumé par la vie : comment ne pas penser à « The artist » à travers ces explications ?
Winkler ose et propose un cadre simple et limpide, une mise en scène sobre, pour expliquer la vie d’un réalisateur hollywoodien dans les années 1950 et 1960. Une très belle approche, simpliste parfois, mais qui offre un cadre naturel et intime du cinéma dans toute sa splendeur. Et sa décadence par cette fameuse ‘blacklist’. Dalton Trumbo dans toute sa splendeur. Merci Monsieur le réalisateur !
Un très bel hommage au septième art doublé d’une réflexion sur la vie du cinéma et de ses artisans.
Très joli pas de deux entre Irwin Winkler et son producteur (Arnon Milchan -fondateur de la société Regency qui a financée de nombreux projets tels « La valse des pantins », « Il était une fois en Amérique », « JFK », « Fight club »...). Mais aussi le scénariste (qui n’est autre que le réalisateur !). Sans oublier le compositeur James Newton Howard (ici pas encore révélé au grand public par sa ‘patte’ car découvert la même année, en 1990, par ses partitions sur « Pretty woman » et « L’expérience interdite ». Les scores du « Fugitif », « Wyatt Earp », « Sixième sens »…, c’est lui !) qui accompagne le tout dans de très belles mélodies.
« La liste noire » est un film qui ne juge pas, qui ne sermonne pas, c’est un film qui laisse le débat ouvert, c’est un film explicatif, un film diplomate qui explore les causes, les conséquences et les aboutissants de cette période trouble des Etats-Unis.
Un récit, en apparence lisse dans sa mise en scène, d’une puissance incroyable : une écriture filmique imparable et totalement maîtrisée (logique lorsque le réalisateur et le scénariste est la même personne !) mais pas assez nerveuse.
Un combat tragique de l’histoire américaine sur les affres de la résistance humaine.
Robert De Niro (seulement oscarisé pour « Le parrain 2 » et « Raging bull », récompensé par une Palme d’honneur à Cannes en 2025, ses dernières compositions à ce jour sont « The killers of the flower moon » et « The alto knights ») est d’une incroyable justesse dans sa plaidoirie finale.
Ce n’est pas qu’il joue mal son rôle de père, c’est juste qu’on l’attend avec impatience pour son jeu d’acteur à la hauteur de sa réputation dans cette joute verbale finale. D’une incroyable intensité, sur un ton denirien toujours incroyable, il démontre avec sérénité sa force d’interprétation pour n’importe quel rôle : la ‘Méthode’, comme lui a enseigné un certain Lee Strasberg, trouve ici un écho particulier, celui de travailler ses rôles à la perfection tout comme le réalisateur qu’incarne De Niro qui veut à tout prix retrouver du travail. De Niro, à travers ce rôle, se fait le reflet de l’histoire dans laquelle il joue pour mieux évincer la politique maccarthyste. Un double-rôle, lisse en apparence, qui montre que De Niro appartient bien à la trempe des meilleurs acteurs du monde. Coup de chapeau, mister Bob !
Nous avons également affaire à un très bel affûtage de seconds et troisièmes couteaux :
- l’inénarrable Annette Bening (« Valmont », « Bugsy », « American beauty », « Open range »… autant de chef d’œuvres !) ;
- Martin Scorsese, le metteur en scène culte de « Taxi driver », Raging bull » et de « Casino » pour une fois devant la caméra (et pas en caméo !) et donnant la réplique à son compère de toujours De Niro ;
- Chris Cooper, vu dans « L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux », « Jarhead », « La mémoire dans la peau » et « Truman Capote » parmi d’autres ;
- Sam Wanamaker : s’il a joué dans certains films (« Les criminels » de Losey, « L’espion qui venait du froid » de Martin Ritt, « Mort sur le Nil », « Le contrat » (avec Schwarzy)), il prend ici sa revanche en interprétant ici l’un des nantis ;
- Brad Sullivan (« L’arnaque », « Les incorruptibles » et « Abyss » sont ses principaux faits d’armes).
Finalement, « La Liste noire »(1991) est drame notoire psychologique de facture classique pour un De Niro mineur réalisé par Irwin Winkler (le producteur du « Point de non retour », « On achève bien les chevaux », « L’étoffe des héros »).
A voir pour l’Histoire.
A noter : les partenaires scorsesiens par excellence sont bien présent autour de ce film (Irwin Winkler, Robert De Niro, Martin Scorsese, Richard Bruno, Michael Ballhaus), seuls les trois premiers ont inversés leurs rôles, ce qui donne ici un parfum très 90’s, à la Scorsese, sans l’impact et la force scorsesienne des films auxquels je pense (« Les affranchis », « Casino », « Les nerfs à vif »). Oui, dans « La liste noire », dramaturgie il y a, mais elle est seulement linéaire et sans affront, sans violence. C’est un beau film, mais qui manque de conviction car les postes ont été inversés pour la cause, oui, mais pas pour l’intérêt filmique en tant que tel. Et c’est le défi de cette note que j’ai tenté de soulever.
Spectateurs, aimez vous les sorcières ?
Créée
le 20 juin 2026
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