Probablement pas le plus marquant des Almodovar sur le plan de la réalisation ou de la mise en scène, La loi du désir n'est cependant pas dépourvu de la dynamique qui anime tous les films du réalisateur, autant verbale que scénaristique. Le montage est fort, l'alliance image-son efficace et parvient comme toujours à captiver. Surtout, le film laisse une impression forte grâce à la géniale performance des deux acteurs principaux, qui portent le film et finissent par nous toucher aux tripes; oui, dire qu'Eusebio Poncela était époustouflant serait un euphémisme... Bref, un vrai drame, une vraie tragédie qui montre un déchirement et parvient à le faire ressentir au spectateur ; pas de souci de ce côté-là, et tant mieux, c'est le propos du film je pense.
On est chez Almodovar, c'est sûr : on retrouve sa bizarrerie habituelle et ses acteurs habituels. Et cette base de qualité habituelle aussi, finalement. N'a-t-il donc jamais rien fait de complètement dispensable ? Je verrai bien ...