La Loi du désir par MélieMélo
Deux ans après " Qu'est ce que j'ai fais pour mériter ça ? ", Pedro Almodovár revient avec son 6ème film avec lequel il choque la morale bourgeoise, catholique de la société espagnole.
En effet, le film commence par une longue scène qui donne le ton : Un homme seul dans une chambre se déshabille, puis se masturbe sur un lit sous les ordres d'une voix d'homme.
Mais Pedro Almodovár n'est pas du genre à faire un "cinéma homo classique" qui a tendance à trop vite sombrer dans le glauque et le sordide (violence, dope, maladie). Même si la réalité n'est pas toujours très gaie, le cinéaste a su la maîtriser en employant l'exagération et l'humour.
L'histoire: Pablo Quintero, un cinéaste à la mode, mène une vie sexuelle débridée. Son amant Juan, retourne pour les vacances dans son village natal, Pablo se console alors avec un jeune homme qui devient fou de lui et très jaloux, Antonio Benitez.
Parallèlement, Pablo écrit son prochain film inspiré de la vie de sa sœur, Tina Quintero, qui fut autrefois un homme (Tino).
Antonio paraît de plus en plus jaloux, il va s'arranger pour tuer Juan. Pablo est alors immédiatement soupçonné de crime. Il rentre à Madrid, mais a un accident qui lui fait perdre la mémoire. Antonio va tout faire pour voir Pablo une dernière fois...
Dans ce film, Almodovár, montre parfaitement que le monde des relations homosexuelles est dirigé par les mêmes lois que celles du monde hétérosexuel. Remplacez la moitié des hommes par des femmes et vous obtiendrez un mélodrame "normal". Finalement, quelle meilleure façon de prêcher la tolérance et le refus du rejet pour "anormalité" ?
Almodovar nous gratifie dans sa mise en scène très fluide, très efficace, toujours au service d'un récit d'une grande clarté, de quelques superbes gros plans: ceux sur la machine à écrire, où sur les lunettes noires de Pablo cachant ses yeux et d'où coule une larme. Puis, les lunettes ôtées, la parfaite fusion par superposition des yeux et de deux roues de voitures. Superbe...
Carmen Maura, l'actrice fétiche de Pedro Almodovar, donne une interprétation remarquable de Tina. Son jeu dans la scène de l'hôpital, au mélo incroyable, où elle raconte à son frère devenu amnésique qui elle est vraiment et son amour fou pour son propre père (pour qui elle avait changé de sexe) est en tout point sublime et poignant.
Almodovar reprendra l'idée d'une actrice (donc d'une femme) jouant un homme devenu femme dans Tout sur ma mère, son plus grand succès.
A noter, comme dans tous les films du cinéaste espagnol, une superbe bande musicale...
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