''Das blaue Licht'' – 1932 de Leni Riefenstahl est une légende romantico écolo dans la veine folklorique.
Après avoir été danseuse puis actrice, Leni Riefenstahl, femme remarquablement ambitieuse égocentrique et impatiente, passe avec cet opus derrière la camera – tout en restant devant – poursuivant son ego trip narcissique avec ce récit en forme de Manon-des-sources tyrolienne.
Il faut reconnaître au métrage ses qualités plastiques, sauf quand Leni apparaît à l'écran car on ne peut pas dire qu'elle soit spécialement glamour, ni que son jeu dépoussière le gestuelle héritée du cinéma muet (si on la compare à une Marlene Dietrich des mêmes années).
Mais la question n'est pas là.
Peut-être est-ce ce que l'on sait de la suite de sa carrière qui influe rétrospectivement sur la réception que l'on peut avoir de cette lumière bleue : la réticence à apprécier ce qui enthousiasma l'autrichien moustachu, lancé lui-même dans son propre ego trip mégalomane et génocidaire – ainsi ce film sent déjà un peu le gaz, sans mauvais jeu de mot. Quoi qu'elle ait pu en dire et en écrire, Leni aura été la propagandiste du régime, davantage sans doute poussée par ambition personnelle aveugle que par adhésion profonde à la cause nazi. Sans doute aurait-elle tout aussi bien pu, sans aucun état d'âme, filmer les défilés de l'armée rouge sous bannière soviétique si, en d'autres circonstances, Staline lui avait donné carte blanche et les moyens. L'esthétique stalinienne n'avait rien à envier en grandiloquence à l'esthétique hitlérienne, faites toutes deux de néoclassicisme montrant les muscles.
Bref, l'oeuvre de Leni Riefenststahl, la « brouteuse de beauté », continue de poser un problème de conscience.