Un couple bourgeois et conventionnel. Qui s'invente des jeux de rôles pour pimenter un quotidien bien ennuyeux. Dangereux de faire remonter à la surface des souvenirs et des traumatismes enfouis. Saura est alors dans sa période la plus créative (La chasse, Peppermint frappé, Le jardin des délices) et La madriguera est le film où il va le plus loin dans la description d'une aliénation : celle du mariage, celle d'une certaine classe sociale, celle du régime franquiste (étonnant de voir la censure ne pas réagir). Entre Bergman et Bunuel, le cinéaste ne maîtrise pas totalement son sujet dans une poignée de scènes qui tombent dans le grotesque ou l'hystérique. Mais le pire est cette fichue postsychronisation des deux acteurs principaux, Geraldine Chaplin et Per Oscarsson, qui flanque tout l'édifice par terre.