Je serai sans doute minoritaire ici, tant la majorité des avis semblent enthousiastes. Mais j’ai le sentiment que le public qui se rend voir ce film y arrive déjà largement acquis à sa cause. Le propos est certes louable — difficile de le contester — mais la question demeure : est-ce véritablement du cinéma, ou plutôt un bon téléfilm Arte?
Le film s’inscrit tellement dans l’air du temps qu’il finit paradoxalement par susciter l’ennui. Les personnages, pétris de bonnes intentions, incarnent une galerie de femmes courageuses et bienveillantes. Mais à force d’être exemplaires, elles en deviennent presque agaçantes, tant elles ressemblent à celles que l’on retrouve dans une large part de la production française dite « sociétale », qui aborde la question des violences faites aux femmes.
Le récit enchaîne alors les séquences où défilent victimes et patientes, comme dans un documentaire ou un reportage de France Télévisions.
Enfin, les séquences de "joies", comme le Karaoké, le dance floor entre les protagonistes, se ressemblent, semblent mécaniques, sans véritable âme. Des parenthèses de joie attendues, déjà vues dans quantité de films, à commencer par Polisse il y a une quinzaine d’années. J'ajoute que j'ai du mal avec Pierre Deladonchamps qui m’a semblé d’une mollesse et d’une bienveillance si appuyées qu’elles en deviennent presque irritantes. À force de vouloir incarner l’homme sensible idéal, il finit par apparaître comme un personnage désincarné.