Il faut passer le fait que le scénario est branlant. L'intérêt de La malédiction réside surtout dans son ambiance, ce mélange de fantastique horrifique et de réalisme. Gregory Peck et Lee Remick sont les têtes d'affiche de ce film : lls adoptent un enfant qui s'avère être, excusez du peu, l'antéchrist.
Dans la veine de L'exorciste, Richard Donner nous propose ce divertissement qui n'en a pas la portée, mais qui n'est pas à négliger pour autant. Les tons rouges et noirs du film composent une atmosphère crépusculaire, et certaines scènes sont une grande réussite. La meilleure est sans doute celle dans un cimetière étrusque, alors que nos personnages sont entourés par des chiens hostiles, le tout réhaussé par une photographie funèbre du meilleur effet.
A noter la prestation de l'enfant, qui est très bien.
On parlait du scénario : je sais qu'une histoire fantastique comme celle-ci ne cherche pas la crédibilité, mais on peut s'interroger sur certains choix... Un prêtre exorciste réputé se cache dans une ville sacrée : n'aurait-il pas mieux fait d'aller trouver la personne concernée? Et s'il est aussi savant sur la question qu'il en a l'air, pourquoi envoie-t-il Gregory Peck affronter seul Satan et ses protecteurs?
Mais si on accepte quelques grandes improbabilités de ce type (je ne parle pas de l'histoire des photos, c'est là le genre de détail fantastique qu'il faut bien accepter dans une histoire de ce genre), l'avantage de La Malédiction est qu'il ne sacrifie jamais sa noirceur, et que la retenue dont il fait preuve la plupart du temps convainc bien plus que ne le ferait un déferlement de gore.
Un film à voir donc, pour qui aime le cinéma d'horreur.