La comédie ou le drame romantique de l’ultime.
3 heures 30 de film. C’est pratiquement deux films en 1, pourtant tout coule du début à la fin avec une certaine fluidité, on pourrait difficilement diviser le film en deux.
J’aime la liberté de ton, surtout pour l’époque, le fait que ce film soit intemporel, l’ambiance et le rythme très posés qui permettent à chaque scène, à chaque réplique, à chaque moment de se graver doucement dans la mémoire.
Jean-Pierre Léaud joue à merveille un garçon à la fois charmant et irritant avec ses aphorismes et sa pensée paradoxale à tout prix. Ses monologues ont quelque chose de savoureux, la magie du bon mot, de la pensée qui se construit. La fille slave qu’il fréquente a quelque chose de vivifiant, de tonique, de nouveau et de frais.
Son monologue peu avant la fin du film est très fort.
« Il n’y a pas de pute sur terre. »
C’est un film sans cesse à la recherche du bon mot, qui parle un peu comme un livre, un film rythmé comme un rêve, avec tout de la poésie.
C’est un très beau film sur l’amour et sur les relations, qui prend le temps de montrer ses personnages, de nous faire entrer en intimité avec eux.
C’est un film qui a la consistance du rêve, et sa longueur aide à entrer dans cet état vaporeux, nuageux, dont j’ai l’impression que des réalisateurs comme Jim Jarmusch ou Wim Wenders ont pu s’inspirer par la suite.
Sans parler de l’ambiance post-68, une forme d’actualité qui ressurgit dans les pensées des personnages, qu’on sent avancer sur les ruines d’un monde qui ne sait où il va. Je ne sais même pas qu’en penser : je pense que c’est toujours actuel.