Abordant un sujet (trop) peu connu, celui de la Marche pour l'Egalité et contre le Racisme de 1983, ce film avait tout le potentiel pour vraiment réussir et faire partie de ces "feel-good movies" que j'aime beaucoup regarder de temps à autres.
Côté message, rien à dire. On peut éventuellement reprocher au film son côté très naïf et bons sentiments, mais il n'occulte pas non plus les moments de discorde du groupe, les divergences d'opinion, les doutes des gens croisés (directement ou indirectement concernés par les revendications des marcheurs) quand à l'efficacité et à la portée du message... Et de cette façon il ne tombe pas dans un manichéisme de base qui opposerait méchants dominants et gentils persécutés.
Côté image, rien ne m'a marquée sinon peut-être une image un peu fade et sombre, dommage.
Le principal problème est quand la fadeur s'installe dans le scénario. J'ai trouvé que le film manquai d'un peu de peps, de relief, de scènes qui fassent tirer de grands sourires, voire éclater de rire et redonnent foi en l'humanité, ou à l'opposé de scènes dramatiques un peu plus intenses. Je ne veux pas dire par là avec plus de violence ou autre, mais simplement plus de... relief ? Je ne trouve pas vraiment d'autre mot x) Car globalement j'ai eu l'impression que l'histoire était un peu survolée, que les problèmes n'étaient pas assez creusés, ou alors que le cinéaste n'en avait rien "fait". Par exemple, l'agression du personnage de Claire, jouée par Charlotte Le Bon, parce qu'elle est lesbienne : c'est très intéressant mais comment ça se relie à l'intrigue principale ? Qu'est-ce que ça y apporte ? Malheureusement pas grand chose ! Et c'est la même chose avec l'implication des renseignements généraux, qu'on nous distille tout au long du film mais dont on ne sait pas trop quoi faire.
Après, je veux bien comprendre que s'il fallait creuser toutes les questions, le film aurait duré 5h48, mais voilà quand même la principale déception que j'ai eue.