La leçon d'Histoire par la bande (d'énergumènes fascistes) de Dino Risi n'a pratiquement pas pris une ride et semble bien meilleur que dans ses vieux souvenirs. Peut-être parce que l'air du temps rend crédible aujourd'hui ce type de scénario où personne ne pourra pas dire qu'il n'a pas été prévenu. Quoi qu'il en soit, si cette Marche sur Rome prend des chemins de traverse comiques, avec le talent du cinéaste et, bien entendu, de l'irrésistible duo formé par Vittorio Gassman et Ugo Tognazzi, en pieds nickelés fachos ma non troppo, sous les ordres d'un Roger Hanin assez terrifiant, le film n'en démonte pas moins la mécanique du populisme, basée sur le nationalisme, les difficultés économiques et une certaine ignorance des dangers d'un discours ouvertement démagogique et mensonger.