La maternelle, c'est une école communale d'un quartier populaire de Paris; le mot désigne aussi, probablement, Rose, la nouvelle femme de service qui déploie des trésors d'affection pour les enfants.
Sous son apparence édifiante, en faisant du personnage de Madeleine Renaud une sorte de mère de substitution pour une poignée d'écoliers privés d'amour ou de soin, le film évite la mièvrerie (celle dans laquelle se vautre la version de 1949 d'Henri Diamant-Berger). Jouant la carte du tendre sans pathos, les réalisateurs Jean-Benoît Levy et Marie Epstein invoque, sans appuyer lourdement le propos, la nécessité pour l'école, et son devoir, d'être le lieu de toutes les attentions et éventuellement le refuge des enfants maltraités.
Malgré une réalisation pas toujours adroite et fluide, le film capte des moments vrais et produit des images singulières de la maternelle des années 30. Il s'attache plus particulièrement à une fillette délaissée (une gamine attachante du nom de Paulette Elambert, qui fera une petite carrière de comédienne) dont le sort est le fil rouge du récit.
Mady Berry en plébéienne assistante maternelle introduit des notes d'humour bienvenues, tandis que la relation entre Rose et le médecin de l'établissement est un procédé romanesque lisible, utile à célébrer, à la fin, l'importance de la cellule familiale.