Je savais bien que Benjamin Biolay n'était pas net...
Avec "la meute", Frank Richard tente désespérément de transposer le cinéma horrifique dans nos magnifiques paysages français. Du coup, les redneck texans habituels deviennent des pécores chtimis bien de chez nous.
Je dois dire que ce mélange des genres fonctionne plutôt bien. Dès le début, Franck Richard impose une ambiance crade, rock'n roll et rurale faites de dialogues délicats : "je vais repeindre le lino avec le jus de tes couilles", et de gueules burinés (Benjamin Biolay, Yolande Moreau, Philippe Nahon. Vive la dépression !). En résulte un curieux mélange entre Rob Zombie et Raymond Depardon. C'est pas toujours hyper-fin, mais ça reste plaisant à regarder.
Ça se gâte vers le milieu du film. Très précisément avec l'arrivée du fantastique qui apparaît sans qu'on s'y attende via des bestioles aveugles et cannibales. Autant, la présence de mutants difformes qui sortent de terre ne me surprend guère, quand l'action se passe dans un cimetière indien, un manoir irlandais ou dans une foret de Tchernobyl. Mais dans la cambrousse du Nord-pas-de-Calais ??? Ces bestioles semblent exister uniquement pour justifier les agissements des deux psychopathes du film. Du coup cet événement m'a complètement sorti du film. Quant à la fin, je la trouve bâclé, décevante et bourrée d’incohérence.
C'est dommage, car voir Yolande Moreau en une sorte de leatherface provinciale présageait du meilleur...