Sélectionné en compétition officielle lors du Festival de Cannes en 1973 (aux côtés de La Maman Et La Putain, La Clepsydre, La Grande Bouffe, La Planète Sauvage ou encore L'Épouvantail), ce film québécois intitulé La Mort D'Un Bûcheron révéla la comédienne Carole Laure sur la scène internationale et lui permit de travailler avec des cinéastes aussi divers et variés que sont Dušan Makavejev, Alberto De Martino, Alain Corneau, Bertrand Blier, John Huston et Jean-Pierre Mocky avant de se consacrer essentiellement à la musique et à la réalisation. Sous la direction de son compatriote Gilles Carle, elle tourna pas moins de 7 films dont cette Mort D'Un Bûcheron qui fut leur première collaboration.
Jeune chanteuse de country western, Marie quitte sa petite province pour s'installer sur Montréal afin de retrouver son père qui a abandonné le giron familial lorsqu'elle était enfant. Paumée et un brin naïve, elle cède aux violentes volontés des hommes qu'elle rencontre, un journaliste et un gérant de bar, avant de faire la connaissance de Blanche, l'ancienne maîtresse de son père, et de Charlotte, sa voisine romancière. Des femmes libres et indépendantes au caractère bien trempé.
Si certaines situations scénaristiques ne s'apparentent pas forcément entre elles pour créer un fil narratif fluide, c'est sûrement pour offrir un métrage plus réaliste quant à la perdition, la perversion, la solitude ou encore la folie dans lesquelles baignent les personnages. Mais au-delà des divers portraits psychologiques, Gilles Carle souhaite avant tout émettre un message anticapitaliste qui se développe peu à peu au fil du métrage pour finalement éclore lors d'un final somme toute étourdissant.