La Mutante 3
3.1
La Mutante 3

Film DTV (direct-to-video) de Brad Turner (2005)

La Mutante 2 a beau avoir été un bide au box-office, arrivant péniblement à rapporter 27M$US au box-office pour un budget de 35M$US, une suite est quand même mise en chantier, mais pour une sortie ce coup-ci directement en vidéo tout en étant diffusé en avant-première sur la chaîne Sci Fi. Suite directe de La Mutante 2 et reprenant l’histoire là où celle de ce dernier s’est arreté, dans l’ambulance, ajoutant même un montage de clips avec une voix off expliquant les événements des films précédents, c’est au tour du réalisateur Brad Turner, réalisateur exclusivement de séries TV et de téléfilms, de se frotter à la franchise. Le budget est pour l’occasion bien raboté et serait estimé à environ 5M, ce qui se voit dès l’écran titre qui fait extrêmement cheap, et les producteurs décident en plus de rajeunir la saga afin qu’elle convienne à un public de jeunes adultes. Est-ce une bonne chose ? Clairement pas…


La Mutante 3 comporte de très nombreux clichés et d’informations qui nous sont données de manière un peu trop frontale, comme si le film prenait le spectateur pour un con et qu’il voulait être sûr qu’il comprenne tout, même les choses les plus basiques. Sans compter certains éléments qui sont bien trop mis en avant afin qu’on comprenne bien qu’ils ont leur importance et qu’ils seront utilisés plus tard. L’intrigue est absurde, ça se contente de recycler de vieilles idées sans réellement chercher à correctement les emboiter les unes avec les autres, mais surtout, c’est long, beaucoup trop loooooooong. Ce genre de suite lowcost doit se faire plus directe, plus brute, plus concise, et frôler les 2h est un jeu extrêmement dangereux surtout quand on n’a pas, comme ici, grand-chose à raconter. Le pire, c’est que malgré la durée excessive du film, il n’arrive à rien développer correctement, un comble. La Mutante 3 n’a aucune intrigue concrète sur laquelle s’appuyer et il ne semble même pas s’intéresser réellement à sa créature, aussi puissante soit-elle, cette dernière restant un peu passive pendant une bonne partie du film, rejetant ses partenaires potentiels presque par snobisme. En fait, le film a beau essayer de prendre la même recette que ses prédécesseurs, à savoir une intrigue improbable, des fillers nues et pas mal de sang, il en oublie d’être divertissant car il se prend bien trop au sérieux. Evitez de regarder le film avec votre téléphone à portée de main, sinon vous serez régulièrement tentés d’y jeter un (long) coup d’œil. Si on prend en compte que l’un des rares intérêts de la saga, la nudité, se fait ici très timide, comprenez que l’intérêt pour le mâle en rut s’en retrouve fortement diminué.


Une seule actrice des précédents volets est ici présente, Natasha Henstridge, mais elle n’apparaît que brièvement, sans doute venue tourner pendant une journée, prendre son chèque pour son caméo au début du film où elle donne naissance à Sara (la nouvelle génération de créatures Species) et bisous au revoir. Le casting est donc rajeuni et dans le rôle de la créature, on retrouvera la belle blonde sexy Sunny Mabrey (Des Serpents dans l’Avion), qui ne manque aucune occasion de montrer son corps de rêve étant donné que, comme dans les films précédents, elle va se mettre en quête d’un partenaire, mais elle se fait bien moins crédible que Natasha Henstridge dès qu’il faut faire un minimum plus que se mettre à poil. Le reste du casting n’est pas mieux, pas aidé par des personnages guère sympathiques et qui nous donnent à aucun moment l’envie de nous soucier d’eux. Et que dire de cette brune sexy qui débarque dans le scénario sans crier gare, faisant office de grand méchant, comme si une idée de dernière minute était arrivée dans la tête du scénariste et qu’il s’était dit qu’il allait faire ce qu’il pouvait pour l’intégrer tant bien que mal. Certains des effets spéciaux sont corrects, en particulier les effets gores avec une caméra qui semble prendre du plaisir à s’attarder dessus (la dissection par exemple). Mais à l’inverse, d’autres sont catastrophiques, jusque dans des maquillages semblant pourtant assez basiques mais ici complètement ratés. Là où les deux premiers films proposaient malgré tout des créatures effrayantes et crédibles, ça se résume ici à un homme vêtu d’un costume en caoutchouc qui saute partout tandis que le montage tente de faire des coupes rapides pour dissimuler la misère. Comme le costume a été simplifié et semble plus facile à faire, ils se sont dit qu’ils allaient mettre tous un tas d’extra-terrestres, des pures races, des croisements, et ça en devient relativement ridicule. Certes, la série de films nous fait comprendre qu’ils passent leur temps à s’accoupler et que les rejetons deviennent très rapidement adultes, mais ça perd clairement de son charme et certaines scènes nous laissent tout simplement perplexes.


La Mutante 2 n’était déjà pas une réussite, La Mutante 3 est encore pire. L’arrivée en DTV relance parfois une saga, mais dans ici, on plonge direct dans les tréfonds cinématographiques. Restent quelques effets gores sympas…


Critique originale avec images et anecdotes : https://www.darksidereviews.com/film-la-mutante-3-de-brad-turner-2004/

cherycok
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le 10 mars 2026

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