Une réussite pour un 1er long métrage, d’autant que Léa Todorov n’a pas choisi la facilité en tournant un film se déroulant en 1900, à Paris et à Rome (tournage dans les environs, à Ariccia) : la photographie de Sébastien GOEPFERT est belle, le scénario est bien construit, focalisé sur une femme peu connue, Maria MONTESSORI (1870-1952) (jouée par l’Italienne Jasmine TRINCA), médecin (à 26 ans, une des premières femmes en Italie) pédagogue à l’origine de la méthode qui porte son nom. Comme souvent, c’est sa vie privée qui sous-tend son action : elle a eu un enfant, Mario, déficient mental, élevé dans la campagne romaine par une nourrice, avec Giuseppe Montesano, psychiatre et directeur de l’école publique (sans être mariée) où elle travaille, pour faire progresser des enfants dits idiots. C’est la rencontre avec une Française (Leïla BEKHTI), Lili, chanteuse et demi-mondaine, qui elle aussi, a eu une enfant « idiote », Tina (qu’a élevée sa mère jusqu’à sa mort), qu’elle rejette et dont le mariage a été annulé à cause de cela. Tout les oppose aux premiers abords et pourtant, elles vont se rapprocher et s’entraider, Lili lui apprenant la séduction pour trouver du travail auprès des riches [notamment de Betsy (jouée par la romancière canadienne Nancy HUSTON)]. Outre l’excellente interprétation des 2 actrices (rôle ingrat pour Leïla Bekhti), c’est un film féministe [la musique est de la compositrice française Mel BONIS (1858-1937), auteur de plus de 200 œuvres et redécouverte tardivement vers 1990] : Maria Montessori choisit la liberté en renonçant à épouser Giuseppe, sous l’emprise de sa mère calabraise, et en montant son école (elle n’était pas payée quand elle travaillait avec lui) au prix de renoncer à la garde de son fils (pendant 12 ans).