Le genre du zombie, depuis La Nuit des morts-vivants de George Romero, n’a eu de cesse de s’adapter aux années et les œuvres se sont multipliées au gré de la demande et des formats : Resident Evil en jeu vidéo avant de rejoindre le grand écran, The Walking Dead en comic et sur le petit écran, 28 jours plus tard au cinéma… Les exemples sont nombreux. Mais La Nuit a dévoré le monde va à contre-courant de ce qui a été proposé jusqu’ici. Peu importe les zombies, comment le sont-ils devenus et si la civilisation trouvera une échappatoire à sa situation funeste. Par le biais du protagoniste principal, Sam, Dominique Rocher livre avec son premier long-métrage un bel essai sur la solitude.


Car Sam est seul. Seul au point de retourner chez son ex-petite amie pour reprendre un carton de vieilles cassettes dont il a besoin. L’occasion pour lui de constater qu’elle a refait sa vie, qu’elle organise une fête où tout le monde s’amuse… Sauf lui. Un concours de circonstances fait qu’il échappe à une infection qui décime toutes les personnes présentes. Sont-elles les seules à avoir péri ? Paris est-elle la seule ville concernée ? Est-il le seul survivant au monde ? On n’en sait rien car Sam n’en sait rien. La Nuit a dévoré la monde suit ce jeune mélancolique dans sa survie, cloîtré dans son immeuble haussmannien, sans jamais (ou peu) se soucier de l’extérieur.


Elle passe par la musique (qui permet à Dominique Rocher de sortir quelques belles idées de mise en scène) et par le dialogue absurde avec un zombie enfermé dans sa cage d’ascenseur (incarné follement par Denis Lavant). Et surtout, par cette question omniprésente tout au long de son enfermement : trouvera-t-il son salut vers l’extérieur ou en restant en sécurité dans son appartement ?
Introspectif et mélancolique, porté avec brio par Anders Danielsen Lie, La Nuit a dévoré le monde est un bel exercice de cinéma d’art et d’essai dont il serait dommage de se priver.

Adao
7
Écrit par

Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à ses listes Mes Cinexpériences de Senscritique, Sur l'écran noir de mes nuits blanches... 2018 et C'était bien, 2018

Créée

le 1 mars 2018

Critique lue 410 fois

Adao

Écrit par

Critique lue 410 fois

2

D'autres avis sur La nuit a dévoré le monde

La nuit a dévoré le monde

La nuit a dévoré le monde

8

mymp

1228 critiques

Fluctuat dead mergitur

Les films de morts-vivants en France sont à peu près aussi rares que les comédies dans le cinéma hongrois ou roumain : à quelques exceptions près (et pas franchement des plus réussies) tels que La...

le 9 mars 2018

La nuit a dévoré le monde

La nuit a dévoré le monde

5

Moizi

2572 critiques

Belle affiche, beau titre, film très moyen.

Je suis assez déçu de cette tentative de film de zombies intimiste. Bon je note que le film tient son concept de nous faire passer 1h30 avec un héros seul dans un appartement parisien, c'est déjà ça...

le 26 août 2020

La nuit a dévoré le monde

La nuit a dévoré le monde

8

Theloma

664 critiques

Survivance mode d'emploi

Alors bien sûr, si vous avez pris votre ticket de cinéma dans l'idée 1) de vous faire peur avec des zombies 2) de découper au sabre des zombies 3) de jouer à attrape-moi si tu peux avec les zombies...

le 13 mars 2018

Du même critique

Inexorable

Inexorable

9

Adao

297 critiques

De l'amour à la mort, ou les fantômes du passé

Inexorable est le 7e long-métrage du réalisateur belge Fabrice du Welz, connu pour ses films de genre Calvaire (2004), son thriller Vinyan (2008) ou son film hollywoodien Message from the King...

le 10 mars 2022

Un pays qui se tient sage

Un pays qui se tient sage

8

Adao

297 critiques

History of a violence

Journaliste, David Dufresne a travaillé à Libération dans la presse écrite ou encore dans la chaîne d’information en continu I-Télé. Il a collaboré avec le site internet Mediapart. Auteur de...

le 16 sept. 2020

Corps et Âme

Corps et Âme

8

Adao

297 critiques

Un conte du réel et une leçon de cinéma

Corps et âme, c’est l’art du contre-pied permanent. Comment imaginer faire naître une histoire d’amour entre deux protagonistes qui évoluent dans un abattoir, où les gestes mécaniques des salariés...

le 24 oct. 2017