Ce film est le film d'une idée.
L'idée de base et de montrer la progression vers la folie d'un personnage asocial est probablement antropophobe. Antropophobie qui se meut en ultime recours en folie existentielle. Comment entrevoir la solitude ultime.
Les zombies sont surtout la pour accentuer cette idée de tension, de peur, mais aussi de désir inassouvi que le personnage développe pour l’extérieur.
L'idée est exécuté assez mollement, la mise en scène est inventive, mais c'est dans le scénario que le bât blesse.
Les situations sont d'une banalité confondante. Et la solitude n'est jamais rendue palpable, ou du moins elle reste une idée abstraite de la solitude, voir frôlant le cliché parfois.
Disons qu'avec une idée comme celle ci, il fallait nous faire ressentir la détresse du personnage. Le film se contente de montrer, pas de rentrer dans le détail. Il survole et reste froid.
Sauf que cette froideur n'est pas voulue, et les séquences "émotions" sont à deux doigts du ridicule tant le contraste entre attitude mutique et hurlement est trop appuyé.
La froideur à cette qualité qu'elle permet une analyse chirurgicale ou purement graphique des sujets. Hors ici tout est expédié, diminué par le manque de psychologie et de détails.
Le film à la qualité d'être un film d'auteur, et pas un énième film commercial de zombie.
Mais l'auteur ne traite son sujet qu'avec la vision déjà préétablie du livre, on sent qu'il manque de fond, d'influence, j'oserais même dire de sensibilité littéraire même si ça peut paraître étrange de dire cela pour un film. Il fallait plus d'idées d'écriture, et des idées moins "déjà vues" partout.
Ce n'est tout de même pas un mauvais film. Il est même exempt de gros défaut rédhibitoire et ça pour un premier film c'est déjà en soi une réussite. Si je m'attarde sur les défauts, c'est surtout parce que l'on sent chez ce réalisateur une vraie envie de bien faire, de trouver des idées de mise en scène réussies.
De plus il faut comprendre que c'est un exercice extrêmement difficile d'adapter un roman donc il faut saluer l'audace.
Je ressort déçu, mais avec un bon espoir que ce réalisateur m'embarque un jour dans un film vraiment à la hauteur de son potentiel. J'oublierais probablement ce film mais pas le nom de son réalisateur.