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Masculine vanité
Une vedette de la pelote basque voit les ennuis s'accumuler alors qu'il mène de front plusieurs relations sentimentales. Le cocktail film noir et mélodrame est la spécialité du mexicain Roberto...
le 4 juil. 2021
C'est dérouté de mon intention initiale que je suis tombé sur ce petit film d'un cinéaste mexicain que je ne connaissais pas, parmi les Replay d'Arte. C'est Exit plan, d'un tout autre genre, qui m'intéressait, mais je ne pus que constater avec dépit qu'il était proposé en version française ! Je me suis donc rabattu sur le premier choix en VO, cette Nuit qui avance.
La nuit commence plutôt bien, avec une scène de pelote basque que Roberto Gavaldón a le bon goût de filmer longuement, sans musique. Serais-je tombé sur une pépite ? Non, car la suite va s'avérer affreusement banale. Le cinéaste mexicain semble s'être évertué à copier son grand frère US : on a ainsi le sentiment d'assister à un film noir américain, sauf que tout le monde parle espagnol. Exotique.
Hélas, l'intrigue est affligeante. Marcos, un champion de pelote admiré par tout le Mexique, passe d'une femme à l'autre avec désinvolture - malgré un physique qui ne rend pas très crédible la situation. En l'occurrence, la riche héritière Lucrecia, la chanteuse Sara et la jeune fille de bonne famille Rebeca. Il n'aime aucune des trois mais leurs déclarations enflammées à chacune flattent son ego. Elles lui permettent aussi d'assouvir ses instincts sexuels. Il ment donc à tour de bras. Les choses deviennent moins simples que de passer d'un taxi à l'autre le jour où Rebeca se retrouve enceinte. Marcos projette alors de s'enfuir à Cuba avec Lucrecia, dont il espère profiter de la fortune. Mais Marcial, un bookmaker qu'il a humilié, entend se venger en le faisant chanter : s'il révèle l'histoire de Rebeca, le scandale l'éclaboussera. Il est donc prié de faire exprès de perdre face à une jeune gloire montante, Gabriel. Sauf qu'un autre parieur veut à son tour escroquer Marcial, à qui il doit de l'argent. Bref, finalement Marcos gagne, au grand dam de Marcial qui le fait enlever illico, avec pour mission de le balancer soul dans une rivière. Sauf que les sbires veulent encore lui soutirer de l'argent et n'agissent pas comme prévu. Après quelques péripéties, Marcos finit par réussir à s'enfuir, laissant derrière lui le cadavre de Lucrecia, qui lui a avoué que sa fortune était bidon. Dans l'avion, Rebeca avait pris place tout près de lui, elle sort un flingue et le tue. Des affiches de Marcos s'envolent dans la rue, un chien pisse dessus. Le méchant est puni.
Tout est caricatural dans cette pochade qui doit se vouloir mordante ? Les trois femmes (dont Sara et Rebeca sont incarnées par des actrices aux faux airs de Gene Tierney) sont éperdues d'amour, elles subissent tout avec abnégation dès lors que Marcos leur adresse une parole encourageante : de vraies bécasses. Les hommes sont dévorés par l'appât du gain. Les flics se font berner comme des bleus. Quant à Marcos, c'est une pure effigie de la vanité masculine, doublé d'un muffle. Tout cela est bien trop schématique pour toucher le spectateur.
La Noche avanza sera donc vite oubliée, ainsi que ce Roberto Gavaldón qui, je le découvre, a une sacrée filmographie à son actif ! Je ne garderai pour ma part que les scènes de pelotes, qui me retiennent juste au-dessus du 5. Restent deux mystères à élucider :
1- Pourquoi Arte a-t-il retenu cette toute petite chose dans sa programmation ?
2- Pourquoi Arte propose-t-il des films en VF ? Car, franchement, cette option est difficilement défendable lorsqu'on entend s'adresser à des cinéphiles comme le veut la chaîne franco-allemande.
Dommage, Exit plan avait l'air bien...
5,5
Créée
le 6 févr. 2025
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