La prostitution est l’un de ces thèmes difficile à traiter, soi l’on fait un film à thèse, soi film militant ou un film fataliste. Il n’en ai rien parce que quand on a le talent comme Kinuyo Tanaka, il est possible de faire un film plus grand encore que ceux à quoi l’on pourrait s’attendre.
La nuit des femmes raconte la reconversion de Kinuko Sugimoto de sa vie de prostitué vers l’emploi conventionnelle. Son insertion se fait via un foyer dirigé par la dévoué Mme Nogami. C’est en fait le sens du titre qui signifie la nuit ou les femmes sont uniquement entre elles et pas avec un client.
Ce film est mieux que « La rue de la honte » de Mizoguchi sorti cinq ans plus tôt traitant lui aussi de la Loi de prévention de la prostitution de 1956 (Baishun Bōshi Hō). Cette loi aura eu pour conséquence la fin quartier de plaisir et leur mutation (détail intéressant les geishas n’était pas visé par cette loi) l’idée de cette loi était de toucher les proxénètes afin que le hommes ne puissent plus s’enrichir avec facilité. La comparaison avec Mizoguchi est incontournable, le cinéaste ayant une vision fataliste ou les héroïnes retournent à la rue parce que la société ne veut pas les accepter.
C’est là qu’intervient Tanaka qui renverse le point de vue ou tout les hommes ne sont pas forcement prédateurs et les femmes bien plus cruels. Le foyer est un lieu qu’encouragent les autorités mais que ne sont pas prés à accepter les employeur. Ce que la prostitution fait dans l’esprit des gens c’est la facilité, elle n’a pas de vrai travail, pourquoi pas moi et puis elle l’a bien mérité. Ce film est radicalement féministe parce le cheminement du personnage principal est solitaire et introspectif. Kinuko va devoir apprendre à renoncer aux hommes pour vivre sa vie. Parce qu’il est sur la langues de toutes les résidentes « l’odeur des hommes me manque ». Kinuko s’enfuira du foyer comprenant que de côtoyer d’anciennes prostitués comme elles fait partie du problème. Son ami Chieko elle se donnera la mort pour un petit ami.
Kinuko sera confronté a ce dilemme : ai je besoin d’un petit ami pour me sauver, du foyer, de la société. Vous n’imaginez à quel point le message est puissant, et j’apprends que dans le roman original elle finissait par retourner se prostituer, c’est le choix propre de Tanaka.
Je vais connecter à ce film au manga Le club des divorcés de Kazuo Kamimura qui lui datant des années soixante dix prend la même trajectoire ; l’héroïne renonce au second mariage, aux hommes pour vivre sa vie.
Le film se clos en même tant que sa vie intime, jusque là la caméra nous s’introduisait dans sa vie personnel.