Avec La particule humaine, le cinéma de Semih Kaplanoglu, l'autre grand réalisateur turc (Yumurta, Miel, Milk), se fait nettement plus ambitieux, se présentant comme une grande fresque visionnaire de SF, tourné en noir et blanc et en anglais avec Jean-Marc Barr (eh oui) dans le rôle principal. Le début du film est plutôt intrigant et cohérent, tirant le plus grand profit des splendides paysages désolés de Turquie. Et puis, peu à peu, Le long-métrage, qui déroule son intrigue sur le thème de l'infertilité inéluctable des sols avec l'utilisation massive d'organismes génétiquement modifiés, commence à dériver pour révéler sa vraie nature de manifeste écologique un peu pesant et donneur de leçon. D'ordinaire adepte d'un cinéma plutôt contemplatif, Kaplanoglu ménage le suspense mais au bout du compte, en oubliant que la suggestion vaut mieux que la démonstration, le film abandonne une partie de son mystère et de sa subtilité même si son aspect visuel ne perd pas son éclat. Trop long, en définitive, et appuyé à l'excès, La particule humaine se retrouve dépourvu de son originalité initiale et devient didactique et péremptoire. C'est fort dommage.